Archive for the Category ◊ quotidien ◊

Author: ezlathi
• Mercredi, avril 18th, 2012

Ce matin, surprise ! Alors que la grisaille devait durer toute la journée, la matinée s’annonce douce et ensoleillée. Antonin, mon gros bidon et moi, en profitons pour aller faire quelques emplettes en ville, essentiellement le matériel nécessaire à la fabrication du mobile de Munari. Je vous en reparlerai quand son heure sera venue (je compte le proposer à la Damoiselle à partir de ses 3 semaines environ).

Nous sommes aussi revenu avec ça :

"Pour une naissance sans violence", Frédérick Leboyer, Seuil, 1974.

On ne le présente plus, ce classique  par lequel en 1974, Frédérick Leboyer fit connaître, pour la première fois, ce qu’il vivait en pratique dans sa maternité. Il y eu un film aussi, à l’époque, je vais essayer de me le procurer. Ce pionnier traite le nouveau-né comme une personne : rappelons qu’à l’époque (qui est celle de ma naissance, qui fut atroce), le nouveau-né est saisi, tenu par les pieds la tête en bas, secoué, ébloui, assourdi, ses voies respiratoires sont dégagées systématiquement, le cordon est coupé immédiatement l’obligeant ainsi à prendre sa respiration trop tôt… Que les âmes sensibles me pardonnent, mais une génération plus tôt, on n’anesthésiait même pas les nouveaux-nés subissant des interventions (ben quoi, ils ne sentent rien !).

Il suffit de quelques heures pour lire ce livre. La prose un peu emphatique caractéristique des annnées 70 peut faire sourire ou agacer, mais je trouve que cela rend la lecture légère, ce qui est appréciable quand on est fatigué comme je peux l’être. Et puis, c’est une excellente préparation psychologique à l’accouchement (pour moi, prévu dans moins de trois semaines !).

La Damoiselle va naître au même endroit que son grand frère ; il s’agit d’une clinique mutualiste qui, il y a quelques années, faisait figure de pionnière dans le respect qu’elle accordait au nouveau-né. Aujourd’hui que ces pratiques tendent à se généraliser, je ne sais pas si c’est mieux qu’ailleurs… Mais n’ai aucune envie de tenter une comparaison ! J’ai là-bas mes repères, et, de plus, la clinique est proche de mon domicile, ce qui rassure pour le jour J.

J’aborde mon second accouchement bien plus sereinement que le premier ; pour Antonin, je me souviens ne pas avoir su dire à la sage-femme, au moment du pré-travail, ce que je souhaitais pour cette naissance. Je faisais confiance à l’équipe (je le fais toujours !), mais quoi d’autre ? Cettte fois, je sais exactement ce que je dirai :

1. Pour Antonin, les poussées étant très virulentes, la sage-femme qui m’assistait a décidé de ne pas me faire faire de péridurale, mais seulement une rachi-anesthésie, dont l’effet est limité dans le temps. La seule conséquence de cette anesthésie a été de me couper  complètement de mes sensations de poussées (mais pas des douleurs des contractions, qui furent maximales !). J’ai eu beaucoup de difficultés à vivre cet état de fait, je me sentais complètement dépossédée de mon accouchement ! Lorsqu’une contraction arrivait, que je recevais de plein fouet, tout le monde me disait : “POUSSEZ !”, et moi : ” Pousser ? Là, tout de suite ? Mais non, j’ai mal, là, pas possible !”. Pas étonnant que l’expulsion ait duré 2h30… Cette fois, une chose est sûre, je refuse la rachi-anesthésie.

2. Et la péridurale ? J’avoue que l’accouchement sans douleur me séduit… Mais une chose me terrifie : accoucher sur le dos. Avec le catétère, plus question de se lever. Or, les seuls moments où j’ai réussi à “faire descendre” Antonin et à me sentir un peu maîtresse de ce qui se passait sont les moments où j’étais… accroupie ! Merci, la gravité ! Problème : la clinique n’était pas du tout équipée pour m’installer ainsi ! Je poussais comme si nous étions au fin fond de la forêt vierge, pendue au cou de mon mari qui me soutenait par derrière, soulevée par la seule force de mes cuisses (jambes de gazelle garanties en quelques heures, Mesdames !)… Mais je préférais être ainsi qu’allongée sur le dos, position que je trouve d’une part très humiliante et invalidante, d’autre part fort inconfortable (le poids de mes bébés m’écrase littéralement !). Bien sûr, si on me dit qu’avec la péridurale, cette difficulté passe à la trappe… Des témoignages ?

2. J’ai déjà parlé du fait que les lumières étaient trop vives à la naissance d’Antonin. Je conçois que les sages-femmes aient besoin de lumière pour faire leur travail, mais je leur demanderai de limiter cette lumière au strict minimum en fonction de leur besoin. Et ce, avant même l’expulsion, pour créer une atmosphère sereine.

3. Dans le même esprit, j’ai beaucoup crié en mettant au monde Antonin. Cela me faisait du bien, j’avais l’impression d’avoir, par mes cris, une sorte d’emprise sur les évènements… Les sages-femmes ont essayé de me faire entendre que je gaspillais dans mes hurlements une énergie précieuse que j’aurais pu mettre au sevice des poussées. Mais allez faire entendre raison à une parturiente… Aujourd’hui, je m’aperçois qu’elles avaient raison ; de plus, ces rugissements (car ç’en étaient !) ont fortement impressionné mon homme… Et quel effet cela a-t-il eu sur mon petit ? Antonin a beaucoup pleuré à la naissance. Même immédiatement couché sur mon ventre, il me semble qu’il a pleuré de longues minutes, peut-être même un quart d’heure entier, jusqu’à ce qu’il soit mis au sein… A la lecture de Pour une naissance sans violence, j’apprends avec surprise qu’un enfant ne pleure pas nécessairement à sa naissance, et que c’est, bien evidemment, un signe de bien-être. Je crois avoir beaucoup trop crié moi-même, pendant 2h30, pour créer ce climat de sérénnité dont le Damoiseau avait besoin… (pardon, mon bébé !). Je vais donc essayer cette fois de me concentrer sur mes sensations en silence, et je demanderai à l’entourage médical de ne parler que si nécessaire, et à voix basse. Quant à mon mari, je le connais : ce n’est certainement pas le moment où il se lancera dans un grand discours ! Peu loquace en temps ordinaire, il faut le voir là, avec l’émotion qui lui noue la gorge ! :D

4. Et puis, il y a plein de choses que je ne veux pas que l’on change : le fait que la sage-femme dépose mon bébé sur mon ventre aussitôt né et s’éclipse discrètement pendant 15 bonnes minutes. Le fait qu’on ne coupe le cordon qu’ensuite, que ce soit le Papa qui fasse les premiers soins (seuls ceux absolument nécessaires) et l’habillage (Jeannette Toulemonde conseille d’habiller les nouveaux-nés avec des vêtements à leur taille pour limiter les plis et épaissseurs, et mis à l’envers pour éviter le contact de la peau si délicate avec les coutures grossières !), le fait que pendant tout le séjour, mon bébé ne m’aie pas été enlevé une seule fois (pas de danger qu’on me l’aie échangé au berceau, celui-là).  ;)

5. Je suis pleine de bonnes résolutions concernant l’allaitement, le peau-à-peau ou les massages… Mais nous ne sommes déjà plus en train de parler de la stricte naissance ! A suivre, donc.

Présentement, Antonin est couché, je vais donc aller faire ma petite sieste, moi aussi. Depuis hier, j’essaie de faire de l’endormissement un véritable exercice de sophrologie pré-natale : allongée à mon aise sur le côté, un oreiller bien calé sous le ventre, j’applique une main sur mon bébé et je me détends au maximum, en passant en revue chaque partie de mon corps pour les détendre. Je m’inonde de pensées positives telles que : “Je suis bien avec mon bébé en moi”, “Je suis en prolongement avec mon bébé”. Très vite, je me sens en symbiose avec la Damoiselle (qui ne manque pas de se manifester par d’amples mouvements sous ma main). Je m’imagine en train de la cajoler, de la bercer. Et lorsque je m’endors, elle fait partie de mon être, de ma respiration, de mes pensées.

(Je vais associer le Papa à ce petit rituel dès ce soir, je suis sûre que cela nous aidera à vivre les contractions le moment venu !)

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Author: ezlathi
• Mardi, avril 17th, 2012

J’ai été fort surprise lorsqu’un ami à moi, deux fois papa, a émis l’idée suivante : “Chez les enfants, tous les apprentissages sont progressifs. Sauf la marche. La marche, c’est soudain. Un jour, ils ne marchent pas, et le lendemain, boum !, c’est acquis.”

Ah ? Je ne sais chez vous, mais pour Antonin, cela ne s’est pas du tout passé comme cela. Cela a été, comme tous les apprentissages effectivement, extrêmement progressif.

Le premier “pas“, si j’ose dire, a d’ailleurs sans doute commencé lorsqu’il s’est mis à marcher à quatre pattes, développant ainsi sa musculature. Un jour, il s’est dressé debout avec appui. Et du même coup, a commencé son apprentissage de la chute (il est très important de savoir tomber avant de savoir marcher, non ?). Puis, par jeu, il a lâché ces appuis pour se laisser tomber dans de grands éclats de rire. Plus tard, il s’est exercé à se mettre debout sans appui ; c’était difficile mais amusant. Et dans le même temps, rester immobile, sur place, sans appui, c’était intéressant aussi. Parallèlement, l’exploration de la maison continuait. Antonin marchait de plus en plus vite, de plus en plus souplement, en s’appuyant sur tout ce qu’il trouvait. Et tant mieux si c’était varié (en hauteur, en densité…). Est arrivée l’impérative activité des transport d’objets, absolument nécessaire pour le repérage dans l’espace, et que le damoiseau allait répéter inlassablement : je déménage mes bouteilles d’eau colorée de mon étagère au canapé, puis du canapé à mon étagère, et ce, des dizaines de fois sans me lasser. Oui, mais cela suppose de ne prendre appui qu’avec une main… Et puis parfois, on ne prend plus appui du tout, l’espace d’un pas ou deux… Un jour, il a appris  à escalader (monter et descendre) et à monter les escaliers à quatre pattes… Et il jouait, un peu parce qu’il voyait bien que cela faisait plaisir aux adultes, à faire 2 ou 3 pas sans tomber… puis 7 ou 8 pas sans tomber…

Moi, pendant tous ces mois, j’observais, et je trouvais cette progression plus rigoureuse que si un éminent professeur l’avait construite !

Bien sûr, comme tous les parents, j’attendais avec émotion le moment où mon fils allait se transformer en petit bipède : c’est indubitablement samedi dernier que tout a commencé. Car ce samedi 14 avril, Antonin a été pris d’une véritable frénésie de marche. Plus question de faire plaisir à Papa et Maman, il s’agit cette fois d’un véritable élan vital. Voilà maintenant 3 jours qu’il arpente l’appartement dans tous les sens, avec une fierté et une obstination sans égales. Oui, bien sûr, il y a encore quelques chutes, mais il se relève instantannément, et choisit de plus en plus spontanément ce mode de déplacement plutôt que le quatre pattes.

“Grâce à son premier pas, l’enfant parvient à un niveau plus élevé. Si nous l’observons à ce moment-là, nous voyons qu’il a tendance à atteindre un degré supérieur d’indépendance. Il désire agir selon sa propre volonté, c’est-à-dire qu’il veut transporter les objets, s’habiller, se déshabiller seul, manger par lui-même, etc… et ce n’est pas l’effet de nos suggestions qui le stimulent. Il a en lui une impulsion vitale.” (L’Esprit absorbant, chap. “La conquête de l’indépendance”, Maria Montessori).

C’est un moment extrêment émouvant pour nous autres parents. On sent bien que plus rien ne sera comme avant, que le bébé est en train de devenir petit garçon. D’ailleurs, soudain, il ne ressemble plus vraiment à un bébé.

C’est en tout cas une nouvelle occasion de repenser les aménagements que nous offrons à notre enfant. Voici quelques idées de ce que l’on peut faire pour un enfant marcheur :

1. Si ce n’est déjà fait, lui proposer une étagère à sa taille pour ranger ses jouets.

2. Investir dans une petite chaise et une petite table, qui peuvent se trouver aussi bien dans la cuisine, dans le salon ou dans la chambre de l’enfant selon la place dont vous disposez. Rien ne vous empêche d’avoir une petite table dans chacune de ces pièces, d’ailleurs ! Elles se révèleront bien pratiques pour dessiner, faire de la pâte à modeler ou manger dans quelques semaines. En attendant, l’enfant apprend à s’assoir, les déplace, les escalade… bref, il se les approprie.

3. Commencer à réfléchir à l’espace “toilette” dans la salle de bain, qui doit être bien accessible, et pourvu des accessoires nécessaires à l’autonomie. Je réalise en ce moment que l’escabeau dont Antonin se sert pour accéder à notre lavabo n’est pas sûr : le Damoiseau est trop petit pour, à la fois, se plonger dans l’activité avec concentration et gérer son équilibre. Je songe donc à tout réorganiser… Je vous tiens au courant ; cela se fera progressivement, disons dans les deux mois à venir. Si vous avez des suggestions, je prends !

Author: ezlathi
• Lundi, avril 16th, 2012

Je crois que je vais casser un mythe (et peut-être provoquer une levée de bouclier).

Car, comme chacun le sait, la vraie Maman montessorienne s’émerveille de chaque seconde de sa grossesse, attentive au moindre bruissement de la chair de sa chair, consciente en permanence de porter en elle une vie à part entière. La grossesse est bien sûr une merveilleuse période d’épanouissement pour la femme, tant sur le plan physique que moral ; si, si, y’a même un tas d’hommes qui me l’ont expliqué (un certain a même ajouté que c’était “l’état naturel” de la femme, heureusement pour lui que je n’avais rien sous la main à lui jeter au visage !). Regardons-la de plus près, cette maman-à-l’état-naturel : elle a le cheveux gras, des cernes jusqu’au milieu des joues et des vergetures à foison… Elle n’en a cure, bien sûr. Mais quid du mal-être, des angoisses, et de tout un ressenti difficile à exprimer, parce que tabou ? Comment exprimer appréhension ou culpabilité sans passer pour une mère indigne ?

Et bien je suis désolée de l’admettre, mais moi, j’en ai plus que marre d’être enceinte. Dire que la perspective d’avoir un second enfant me comble de joie est pourtant un doux euphémisme. Comme Antonin, la Damoiselle est un bébé trés désiré, mais… Est-ce le fait que j’ai été enceinte pendant 18 mois sur les 25 derniers ? D’ailleurs, il m’arrive de me dire : “Tiens, la dernière fois que je suis venue ici, j’étais (déjà) enceinte” et on me répond : “Oui, mais toi, tu es toujours enceinte”. Moui. Ben n’empêche, moi, je déteste être enceinte (mais j’adore avoir des bébés).

C’est bien simple, pendant neuf mois, j’ai l’impression d’être dépossédée de ma vie. Lorsque j’apprend la bonne nouvelle, je me dis : “Youpi, nous allons avoir un bébé. Quant aux neuf mois à venir, il n’y a qu’à faire comme si de rien n’était. C’est vrai, il n’y a aucune raison de perdre dynamisme et bonne humeur ; la grossesse n’est pas une maladie ! Et il parait qu’on est très belle quand on est enceinte : certaines hormones font ça pour nous. Vive la vie, donc, c’est parti.”

Deux jours plus tard, je suis clouée au lit par une fatigue absolument insurmontable ; j’ai des nausées en permanence, qui vont parfois jusqu’aux vomissements ; j’ai envie de pleurer (et je pleure) sans raison. Et pourtant, il faut continuer d’aller travailler, de tenir la maisonnée, de faire la queue dans les magasins malgré les étourdissements (personne ne vous laissera jamais passer au premier trimestre de grossesse ; et vous aurez beau dire que vous êtes enceinte, on vous regardera avec blâme : “Ce n’est pas bien de tenter de resquiller !”. Mais d’ailleurs, on ne vous laisse pas passer ensuite non plus. C’est simple, dans les queues des supermarchés, votre ventre, si énorme soit-il, devient invisible. Bref.). Le premier trimestre est pour moi un véritable calvaire ; le deuxième trimestre est le temps des questions et des angoisses (serais-je à la hauteur ?) ; le troisième trimestre est absolument déprimant (quoi, une grande fille comme moi, incapable de mettre seule ses chaussettes ?).

Je dois vite me rendre à l’évidence : je ne gère plus ni mon corps, ni mes émotions. Je ne sais pas ce que font mes hormones à moi, mais enceinte, je suis littéralement affreuse : je ne parlerai que des boutons et plaques rouges, semblables à de l’acné, qui couvrent mon visage. Mon ventre est tellement proéminent (je prends tout devant) qu’il m’arrive de perdre l’équilibre, plouf, comme ça, apparemment sans raison. Alors, qu’on ne vienne pas me dire qu’il s’agit de mon “état naturel”. Je me sens complètement prisonnière de ce corps qui ne m’appartient plus. Une transformation aussi radicale (je prends jusqu’à 1 kilo tous les 15 jours; mais comment le corps fait-il pour s’adapter à cela ?) est vraiment difficile à supporter. Les abominables tenues de grossesse n’arrangent rien (et la mode de cet hiver des robes sac-à-patates non plus…). J’ai la sensation de me “dépersonnaliser” : je ne pense plus à moi-même que comme “la future maman”. Je ne parlerai pas (non, non) de toutes les retombées sur la vie du couple… Je ne parlerai pas des réactions de l’entourage qui, soit se montre insupportablement prévenant et protecteur (Je suis enceinte, pas handicapée !), soit totalement inconscient de ce que j’endure (Oui, je suis fatiguée malgré mes deux siestes et ma grosse nuit : je fabrique un être humain !). J’ai l’impression d’être punie pendant 9 mois. Et si une plainte m’échappe, j’ai droit à un “Mais c’est pour la bonne cause !” (Alors, là non, mon enfant n’est pas “une bonne cause, c’est une merveille d’entre les merveilles, nuance) ou à un “C’est bientôt fini !” (Ben voyons, il n’y a que la grossesse des autres pour passer vite).

Si on me proposait de dormir pendant 9 mois et de me reveiller juste pour la naissance, j’accepterais sans hésiter ! On parle parfois de “délivrance” pour parler de l’accouchement ; ç’en est une pour moi, littéralement ! Pour Antonin, j’étais d’ailleurs tellement heureuse d’avoir accouché que je n’ai pas eu de baby-blues. Et cette fois-ci, je me demande si je ne vais pas faire une fête à tout casser (en me gavant de sushis, de champagne et de fromage au lait cru ! Na !).

Plus sérieusement, je pense qu’il y a un véritable consensus sociétal actuellement pour nous faire croire que la grossesse est un moment de bonheur absolu : la France veut des bébés, elle ne va pas rappeler aux mères à quel point cela est difficile ! Mais devenir parent est problématique. Il ne serait pas normal qu’il ne le soit pas. Mais ce tabou de la grossesse mal vécue a du mal à tomber ; il isole et culpabilise les femmes, qui n’osent pas en parler. Ce que vivent certaines d’entre nous est pourtant bien plus violent que mon petit ressenti à moi, et peut aller jusqu’à la haine de cet être à venir qui vole la liberté de sa génitrice, ou à une véritable phobie de l’accouchement, par exemple. S’exprimer, être entendue, permettrait de mieux vivre ce bouleversement, et de mieux se préparer à l’arrivée du bébé. La grossesse n’est pas une maladie, mais une grossesse mal vécue peut rendre malade, avec des symptômes physiques et/ou psychologiques, et un lien complexe mais évident entre les deux (allez faire entendre cela à certaines gynéco ou sage-femmes, d’ailleurs !). La grossesse transforme tous les repères, et ce n’est pas pour rien qu’elle dure 9 mois ! D’autant que le lien entre générations qui existait autrefois s’est distendu et que certaines femmes se retrouvent seules face à leur grossesse et leurs questions.

Le très beau proverbe africain “Il faut tout un village pour élever un enfant” s’applique dès la vie intra-utérine !

Pas facile de trouver quelqu’un qui écoute dans nos sociétés, d’autant que ce n’est pas un rôle pour le futur papa, qui doit parcourir son propre chemin vers la parentalité. Lui aussi peut se sentir désemparé, et donc ne pas savoir répondre à l’angoisse de la maman. Et quel que soit l’interlocuteur, lorsque la femme attend une écoute, il se peut fort qu’elle obtienne… des conseils ! Grrr…

Allez, à toutes les futures mamans qui passeront par là, voici ce qui, moi, m’a aidé ces 9 derniers mois :

1. Contre les nausées et les vomissements, il peut aider de prendre un petit déjeuner équilibré mais copieux (type gros bol de céréales mélangées, avec du lait, de la cannelle et des graines), puis de fractionner les repas : grignoter des fruits, se concocter son propre mélange d’oléagineux dans lequel on puise sans complexe (ma recette : amandes, noix de cajou, cacahuètes, graines de tournesol, graines de citrouille, graines de soja, raisins secs).

2. En cas de seins douloureux, choisissez un soutien-gorge confortable et qui s’adapte à l’évolution de votre poitrine. Pour ma part, je ne suis pas du tout convaincue par les soutien-gorges d’allaitement, qui soutiennent assez mal à mon sens. J’ai remisé aussi pour quelques mois tous les sous-vêtements à fanfreluches sexy, pas franchement compatibles avec un bon maintien. Les massages (à l’huile d’amande douce ou avec une crème adaptée) peuvent soulager : faites de petits ronds de la base vers le cou.

3. Pour soulager les maux de dos, allez nager ! Et si vous avez la chance de pouvoir pratiquer une activité aquatique prénatale, foncez !

4. Pour mieux vivre l’hyperémotivité, la relaxation ou la sophrologie sont efficaces si elles sont pratiquées régulièrement. Vous pouvez même le faire à la maison avec un enregistrement (Vos paupières se font lourdes… Vos membres s’enfoncent dans le sol… Le bonheur !) :D

5. En cas d’insomnies (ah, ça, ça me connaît !), la première habitude est de prendre un dîner léger, type plat unique (grande assiette de légumes rôtis ou assiette de pâtes sauce maison). De temps en temps, octroyez-vous un bain moussant pas trop chaud avant de vous coucher (non, ce n’est pas bon pour la planète, mais il s’agit d’un bain thérapeutique !). Si vous vous réveillez la nuit, buvez un verre d’eau ; une bonne habitude est d’avoir toujours une petite gourde sur sa table de chevet. Vous pouvez aussi opter pour du lait. Si l’insomnie se prolonge, levez-vous plutôt que de rester au lit à vous tourner et retourner, cela ne sert qu’à faire monter l’angoisse. Pour ma part, je me lève et je vais blogger ;) Vivent les articles de 3 heures du matin ! Et je me recouche avec une saine fatigue…

6. Enfin, pour soulager le mal-être, renseignez-vous dans votre maternité : elle propose aux futures mères un entretien prénatal précoce, un rendez-vous planifié autour du 4e mois de grossesse, souvent encore méconnu. Cet entretien vous permettra de vous exprimer librement, sans jugement… Vous pourrez tout dire !, de “Je ne me sens pas belle” à “Je n’aime pas sentir bouger mon bébé” en passant par “Je n’aime pas cet enfant”. Le simple fait de pouvoir poser cette parole et entendre que vous avez le droit de la dire sans être anormale vous apaisera certainement ! Ayez confiance en vous, et sachez qu’on nous avons toutes en nous les ressources qui permettent de dépasser ce mal-être… même si cette ressource consiste à demander de l’aide !

Et enjoy !

Author: ezlathi
• Jeudi, avril 12th, 2012

Chouette, un week-end pascal de trois jours !

Mais zut, le temps fut plutôt au froid, au vent et à la pluie…

Depuis qu’Antonin ne fait plus qu’une seule sieste l’après-midi, son papa et moi avons pris l’habitude, lorsque nous n’avons rien d’autre à faire le week-end, de visiter une exposition le dimanche matin. Il n’y a pas trop de monde, Antonin est très sage à cette heure ; nous mangeons dans un petit snack en ville sur le retour et sommes à la maison à temps pour la sieste du Damoiseau (et de sa maman). L’après-midi s’écoule tranquillement (comme un dimanche, quoi), mais nous avons tout de même l’impression d’avoir eu une journée bien remplie. Profitons-en, car, bientôt, quand la Damoiselle sera là, ce sera plus difficile !

Ce dimanche, nous avons donc dirigé nos pas vers le musée de Grenoble pour visiter l’exposition “Die Brücke“. Le terme désigne un mouvement d’avant-garde allemand : connaissiez-vous ? Moi non, peut-être parce qu’au tout début du XX e siècle, les relations étaient glaciales entre la France et l’Allemagne… cela ne facilite pas la connaissance mutuelle ! “Die Brücke” signifie “le pont” : les jeunes gens qui composent ce mouvement ont tiré leur nom d’une citation de Nietzsche (Ainsi parlait Zaratoustra, 1885) que je trouve franchement intéressante :

” Ce qu’il y a de plus grand dans l’homme, c’est qu’il est un pont et non un but.”

(C’est beau, non ?) :D

Affiche de l'expo, d'après "L'artiste Marcella", de Ernst Ludwig Kirchner, 1920.

Affiche de l'expo, d'après "L'artiste Marcella", de Ernst Ludwig Kirchner, 1920.

C’est un mouvement qui gagne à être connu, et particulièrement agréable à découvrir au printemps : en effet, tout n’est que joie de vivre, sentiment de liberté, retour à la nature, simplicité des formes, éclats des couleurs… Antonin a dû le percevoir parfaitement, car il fut d’humeur charmante tout au long de cette longue expo de 130 oeuvres ! Il roucoula de jolies choses à toutes les dames et à bien des messieurs, fut fort intéressé de rencontrer un bébé plus petit que lui dans sa poussette et de caresser le renard en peluche qu’une petite fille lui a gentiment proposé !  Et si nous n’avons pu visiter à notre rythme les deux dernières salles, c’est bien parce que moi je fléchissais (un musée sans siège, merci pour les femmes enceintes, les personnes âgées, handicapées… et les autres !), mais pas lui ! D’ailleurs, ce n’est pas si grave, la fin de l’exposition étant consacrée aux dernières années du mouvement, bien plus sombres en raison de l’exode berlinois de tous ces joyeux campagnards, et de leur enrôlement sur les fronts de la Première guerre mondiale… Nous resterons sur une impression de bonne humeur !

Voici quelques-unes des oeuvres exposées pour le plaisir de vos pupilles :

"Nature morte aux fleurs", Cuno Amiet, 1908.

"Nature morte aux fleurs", Cuno Amiet, 1908.

"Les troncs blancs blancs", Emil Nolde, 1908.

"Les troncs blancs", Emil Nolde, 1908.

"Jeune homme et fille", Erich Heckel, 1909.

"Jeune homme et fille", Erich Heckel, 1909.

"Midi sur la lande de Dangaster", Karl Schmidt-Rottluff, 1908.

"Midi sur la lande de Dangaster", Karl Schmidt-Rottluff, 1908.

"Femme nue allongée", Max Pechstein, 1911.

"Femme nue allongée", Max Pechstein, 1911.

Pour Antonin, le reste du week-end fut activement mis à profit pour passer maître dans sa nouvelle acquisition : l’escalade ! (et oui, on n’est pas un petit montagnard pour rien…)

Tout d’abord, savoir monter sur l’escabeau :

Cela permet d’accéder non seulement aux fenêtres pour regarder le paysage, mais aussi au lavabo de la salle de bain, en toute autonomie :

... pour se laver les mains ...

... pour se laver les mains ...

... ou les dents !

... ou les dents !

La méthode a pu être élargie à tout ce qu’il peut être intéressant à escalader dans un appartement :

D'ici, on peut accéder...

D'ici, on peut accéder...

... au matériel d'art plastique des grandes personnes !

... au matériel d'arts plastiques des grandes personnes !

Et d'ici, c'est encore mieux..

Et d'ici, c'est encore mieux...

... la réserve de tétines interdites !

... la réserve de tétines interdites !

Sans commentaire... Il va sans dire que quelques réaménagements s'imposent..

Sans commentaire... Il va sans dire que quelques réaménagements s'imposent...

Enfin, que serait un week-end pascal sans dégustation de chocolat ? Pour la première fois, Antonin gouta (je devrais dire “dévora”) deux carrés de chocolats noir à 70%.

Vivement l'année prochaine et sa chasse aux oeufs !

Vivement l'année prochaine et sa chasse aux oeufs !

Author: ezlathi
• Mardi, avril 10th, 2012

Bien sûr, Antonin le sait. Il l’a même su avant moi.

Bien sûr, nous en parlons. Peut-être pas assez. Peut-être mal. Et puis, ce serait certainement se donner beaucoup de pouvoir que de croire que l’enfant accepte immédiatement ce qu’on lui explique. En tout cas, pour Antonin, il y a encore tout un travail de compréhension et d’acceptation à faire. Mais n’est-il pas en face du mystère le plus profond, qui fascine (et donc effraie) l’humanité depuis ses origines ?

C’est Antonin seul qui pourra dépasser ses craintes par rapport à la naissance de sa petite soeur. Tout ce que nous pouvons faire est de multiplier les outils dont il puisse se saisir pour ce faire.

La littérature enfantine :

Je pense que le premier reflexe des parents, dans cette situation, est de faire une recherche sur la littérature existant sur le sujet. Il y a des choses pour les enfants même très petits. Il ne coûte rien de les lui lire. Je crois sincéremment que la littérature s’adresse directement à l’inconscient et que, même à 15 mois, les messages passent. Il s’agit ensuite pour l’adulte de saisir les réactions subtiles venant du bébé et montrant qu’il apprécie particulièrement tel ouvrage (signe, peut-être, qu’il lui “parle”). Et alors, il ne faut pas hésiter à lire et à relire ! Les tout-petits (et les moins petits) aiment la répétition !

Voici ma sélection pour Antonin :

famillegribouillis

La famille Gribouillis, d’Edouard Manceau, Milan jeunesse, janvier 2009. Il s’agit d’un véritable coup de coeur. Un petit livre simple, aux illustrations archi-simples, pour répondre à la délicate question “Comment fait-on les bébés ?”. C’est plein d’humour et de malice, avec un petit format carré cartonné bien solide pour les tout-petits, et de larges volets à soulever. Antonin l’écoute avec beaucoup d’attention et de bonne humeur.

Quand j’étais dans le ventre de ma mère, Didier Lévy et Yves Got, Albin Michel Jeunesse, 1998. Didier Lévy est l’auteur de la série des Cajou que vous connaissez peut-être. Moins connus, mais à mon sens plus savoureux : Petit Tom et la tata qui pique ou Mon doudou. Yves Got a, quant à lui, illustré et écrit la série des Didou. Autant dire qu’il s’agit de deux grands pontes de la littérature adressée aux tout-petits ! Franchement, cet album est magnifique par le texte, un vrai poème ! Mais je suis moins convaincue par les illustrations, caractéristiques de leur auteur, avec de gros traits en contours et des aplats qui, à mon sens, menacent l’équilibre des compositions. Je ne parlerai pas du fait qu’il s’agisse d’oursons, vous connaissez la position de Maria Montessori sur le sujet ! L’histoire n’aurait rien perdu (y aurait gagné ?) s’il s’était agit d’une famille d’humains. Je pensais du moins que les illustrations allaient plaire à Antonin, mais elles ne semblent pas assez contrastées à son goût… C’est néanmoins une très belle lecture que je recommande !

Un tout petit pois, Stéphane Servant, Rue du monde, coll. “Pas comme les autres”, avril 2009. Encore un coup de coeur, et non des moindres. J’aime cet auteur, que je ne connais néanmoins que par cet album. Tout y est pour me plaire, bien que le sujet soit peut-être un peu plus éloigné de celui qui nous occupe : les illustrations épurées jusqu’au symbolisme, l’écriture simple et profonde (philosophique : il s’agit de l’élargissement de l’espace au fur et à mesure que l’enfant grandit, du ventre de sa mère au ventre de l’univers). Je suis persuadée que ce type d’approche parle aux tout-petits malgré leur complexité. Néanmoins, le texte reste un peu long, et Antonin a des difficultés à rester attentif jusqu’au bout. A reproposer plus tard !

Une petite soeur pour Fenouil, Brigitte Weninger et Eve Tharlet, traduction de Géraldine Elschner, NordSud, coll. “Les p’tits NordSud”, réédition de février 2011. Bon, dans le genre, ce n’est peut-être pas un chef-d’oeuvre. J’ai acheté ce livre parce qu’il traite directement du fait de devenir grand frère (il en existe d’autres, évidemment) ; les illustrations sont mignonnes sans être géniales, le texte un peu consensuel (mais j’aime quand même le dialogue de la dernière page). Un atout de ce livre : il est complètement cartonné bien que visant un public un peu plus grand que les moins de un an. Antonin peut donc le manipuler à sa guise et semble beaucoup l’apprécier.

Les imagiers de bébés :

Ici, il est question d’un imagier des bébés qui rencontre beaucoup de succès auprès des… bébés !

Le deuxième “outil” que j’ai donc mis à disposition d’Antonin est une série de photos de bébés trouvées sur Internet (en essayant de ne pas choisir de photos “stéréotypées” de bébés de pub’), plastifiées, et auxquelles j’ai mêlée quelques photos de lui depuis l’été dernier jusqu’à cet hiver. Quand la Damoiselle sera née, j’y adjoindrai quelques photos d’elle également.

Verdicts :

- Je suis très intéressée de constater qu’Antonin ne se reconnait pas lui-même sur les photos… Du moins, je n’en ai pas l’impression..

- Il adore manipuler ses cartes, mais surtout pour les ranger et les déranger. Dès que je propose à Antonin un nouvel objet, je lui propose du même coup de quoi le ranger. Ainsi, ses photos de Bébés se présentent dans une petite barquette en plastique vert. Antonin a tant et si bien associé les deux qu’il passe son temps à vider et remplir la barquette avec les cartes ! Sans compter que la texture plastifiée et souple lui plait fort. Il regarde les photoraphies, tout de même. Et tend l’oreille quand je lui explique que l’on voit “des bébés” et que dans mon ventre aussi, “il y a un bébé”. Mais comment savoir le chemin intérieur que prennent mes mots dans son esprit ? De toute façon, il est dans une phase tellement motrice (remplir et vider, empiler, emboiter, transvaser, escalader) que je me dis qu’il ne peut pas aussi passer de longues minutes à contempler des visages et à méditer sur le mystère des origines. Un apprentissage à la fois !

La poupée :

Il y a un mois de cela, ma Maman a offert à Antonin sa première poupée. Une poupée noire, parce que ça vaut toutes les “leçons” anti-racistes du monde. Elle est agréable au toucher, et Antonin ne se prive pas de la câliner (et de triturer ses paupières mobiles, qui l’intriguent beaucoup).

J’encourage Antonin à investir sa poupée ces temps-ci. Comme le stade de l’imitation est bien commencé, je me dis que ce sera peut-être pour lui un moyen de participer à la relation que j’aurai avec sa soeur s’il peut m’imiter avec sa poupée… Plus que l’imitation, c’est d’ailleurs l’identification qui est en jeu : Antonin s’identifie à sa poupée (il la traite plus comme une amie que comme “sa fille”) et il s’identifiera aussi au nouveau-né à sa naissance. Françoise Dolto rappelle que si l’aîné “teste” parfois les réactions de ses parents en ayant l’air de vouloir faire du mal au dernier-né, c’est pour avoir la réponse à la question muette : “Me protégiez-vous lorsque j’étais moi-même bébé ? Si oui, protégez ce bébé-là… de moi !”. L’identification est saine et permet de grandir, mais deux types d’identification (une bien réelle et un peu douloureuse avec la Damoiselle, et une autre plus symbolique avec la poupée) valent mieux qu’une, non ?

Le petit bonnet n'arrête pas de glisser... comme les vrais !

Le petit bonnet n'arrête pas de glisser... comme les vrais !

A suivre….

L’installation matérielle :

Le Damoiseau est associé autant que possible aux préparatifs matériels de l’arivée de la petite soeur.

Lorsque j’ai fait le sac pour la maternité, il a joué avec les vêtements de la Damoiselle. C’était d’ailleurs un beau bazar, puisque le jeu consistant surtout à tout déplier au fur et à mesure que je le pliais, à éparpiller ce que je rangeais, etc. Dommage que je n’aie pas pris de photos.

Le couffin qui abritera le nouveau-né est d’ores et déjà exposé dans la pièce à vivre. Antonin a commencé par l’ignorer royalement, puis, brusquement, en fin de semaine dernière, il s’y est longuement intérressé. Il l’a fait glisser par terre et l’a rempli, puis vidé, de ses petites bouteilles d’eau colorée. Mmmm… La chose ne sera pas à faire quand la Damoiselle sera dedans… Si le jeu recommence, je devrai soustraire le couffin pour ne pas qu’Antonin en prenne l’habitude. En attendant de voir, je me dis que c’est par le jeu que l’enfant s’approprie ces objets nouveaux… ?

D’autres installations matérielles sont évidemment à prévoir, dont je vous parlerai bientôt. Nous y allons graduellement, tant pour Antonin que pour nous d’ailleurs !

Author: ezlathi
• Vendredi, avril 06th, 2012

Son Papa et moi avons mis bien longtemps à nous décider, mais depuis une semaine, la Damoiselle est nommée. Il s’agit d’un prénom ancien, très rare mais très doux et simple. J’éprouve beaucoup de plaisir à m’adresser à elle en utilisant ce prénom. C’est drôle comme un même prénom peut avoir des résonnances différentes selon notre vécu et notre sensibilité… Nous n’avions pas trop les mêmes goût en matière de prénoms féminin, mon mari et moi !, mais il fallait absolument trouver un consensus ! Pas question de s’en tenir à un prénom que l’un de nous n’aime qu’à moitié ! Ouf, c’est chose faite.

"La première fois que je suis née", Vincent Cuvellier et Charles Dutertre, Gallimard Jeunesse Giboulées, 2007

"La première fois que je suis née", Vincent Cuvellier et Charles Dutertre, Gallimard Jeunesse Gibloulées, 2007.*

Voici un très bel article, écrit il y a quelques années par une Maman montessorienne, sur le choix du prénom et ses implications : il m’a beaucoup ému !

Enfin, est-ce un hasard ? Antonin qui refusait de s’alimenter depuis plusieurs jours (et oui, la naissance approchant, il “grève” avec ce qu’il a !) a retrouvé son appétit de petit ogre à la minute où je lui ai dévoilé le prénom de sa petite soeur …

* : Ceci est un de mes albums jeunesse préféré, chaudement recommandé à tous les enfants de 5 à 105 ans ! Je pleure d’émotion et de bonheur à chaque fois que je le lis !

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Author: ezlathi
• Vendredi, avril 06th, 2012

Il y a une chose qui m’effraie vraiment dans la vie des familles modernes, c’est sa frénésie.

Toute la journée, les parents disent qu’ils courrent : lever et toilette de toute la famille, petits déjeuners, départs pour les divers lieux où les êtres humains passent de longues heures de leurs existence (crêche, école, travail…)… Et le soir, c’est peut-être pire : bains, préparation du dîner, exécution des sacro-saints devoirs, dîner, coucher rapide parce que demain tout recommence

Perspective peu divertisante… Je me suis promis d’essayer de lutter contre cette course. Je me doute bien que cela ne sera pas facile, mais pourquoi faisons-nous des enfants, si ce n’est pour tous ces moments essentiels qui, justement, résident ailleurs ? Pour le moment, avec un seul enfant en bas-âge, je savoure !

Aujourd’hui, c’est la journée Nounou. Le Papa d’Antonin emmène le Damoiseau à vélo en partant au travail et j’ai alors la journée pour moi (dormir … !). L’avantage de taille, c’est que, contrairement à moi, mon mari n’a pas à être à son travail à une heure fixe : parfois il y va très très tôt, mais s’il a envie d’une tasse de café supplémentaire certains matins, il peut se l’octroyer avant de partir ; il n’est pas à 5 minutes, quoi.

Ce matin, comme tous les matins, je changeais donc Antonin après une rapide séance de “pot” (qui s’apparente plus à une séance de lecture dans l’esprit du Damoiseau, l’objectif n’étant pas du tout de rendre mon enfant propre dès maintenant, mais surtout de l’habituer à ce drôle d’objet en plastique avant que l’apprentissage sérieux ne commence). Antonin aime être changé debout (ce n’est pas toujours possible, mais bref, passons), en particulier parce qu’il peut ainsi accéder aux étagères sur lesquelles nous rangeons de menus objets de toilette. Ce matin, il s’est emparé avec beaucoup de détermination d’un objet qu’il aime beaucoup, un petit pot rempli de quelques limes en carton, d’un polissoir et de deux pinceaux à maquillage.

Ce n’était pas la première fois, bien sûr. Généralement, il le vide et le remplit debout pendant que je l’habille. Mais aujourd’hui, il a pris le pot dans ses mains et s’est assis tout de go sur le matelas à langer avec un air très affairé. Cela m’a vraiment fait penser à un enfant qui choisit une activité parmi plusieurs dans son étagère Montessori et qui, une fois le matériel empoigné, va s’installer tranquillement pour travailler, avec déjà sur son visage ce petit air concentré qui dit “C’est sérieux !“.

Du coup, j’ai transporté bébé et petit pot dans le salon, les ai posé sur le tapis et je me suis contenté d’observer (et de prendre quelques clichés). Le Papa d’Antonin a bien compris d’importance de cette concentration et de cette répétition, il a empoigné sa guitalélé et a attendu patiemment qu’Antonin se lasse de l’activité.

Un petit coup d'oeil... Oui, Papa te regarde, mon grand !

Un petit coup d'oeil... Oui, Papa te regarde, mon grand !

Et voilà qui fera le lien avec l’article d’hier de LBBleue concernant la découverte du monde par les mains :

Alors, pas touche or not pas touche ? Not pas touche, évidemment !

Alors, pas touche or not pas touche ? Not pas touche, évidemment !

Et seulement après cette petite séance improvisée, Antonin et son Papa se sont préparés tranquillement pour aller chez la nourrice…

Author: Murielle
• Lundi, avril 02nd, 2012

Aujourd’hui, pensons aux enfants (et adultes) autistes, à leur famille et à tous ceux qui se mobilisent auprès d’eux.

Tout ce qui les touche nous touche.

Maman de BBG

Author: ezlathi
• Lundi, avril 02nd, 2012

Il faut que je vous fasse une confidence : Antonin est accro à la tétine.

C’est là un de mes plus cuisant échec en tant que mère ! Ne riez pas ; j’étais farouchement opposée à la tétine, mais voilà : j’ai eu un bébé têteur. Après avoir hésité quant à lui laisser prendre son pouce ou lui proposer une tétine, j’ai opté pour la seconde solution en me disant que le sevrage serait plus facile.

Je doute bien sûr encore aujourd’hui d’avoir choisi la bonne option. Qu’en pensez-vous ?

Enfin, toujours est-il que pour le sevrage, ce n’est jamais le bon moment. Et là, avec l’arrivée imminente de la petite soeur, nous n’y songeons même pas.

Antonin n’est pas autorisé à avoir sa tétine de jour ; mais parfois, il en déniche une oubliée aux alentours de son lit, et il la garde alors de longs moments… Par contre, il en a besoin pour dormir. Et c’est là que les ennuis commencent, car si le Damoiseau fait de grosses bonnes siestes de 3h sans interruption, il n’en est pas de même la nuit.

Que se passe-t-il donc la nuit ?

Si vous lisez le très bon livre d’Elizabeth Pantley, vous apprendrez qu’un bébé qui se réveille fait l’expérience, comme toute personne, des “éveils brefs” (étapes intermédiaires entre les cycles du sommeil). Mais contrairement aux adultes, ils ne savent pas se rendormir. Ou, dans le cas d’Antonin, il ne sait pas se rendormir sans tétine.

"Un sommeil paisible et sans pleurs"

Titre français :"Un sommeil paisible et sans pleurs"

Elizabeth Pantley propose une solution dans le cas du Damoiseau : elle explique que l’enfant a fait une association entre l’acte de s’endormir et celui de têter, et qu’il s’agit de détruire cette association. Mode d’emploi : lorsque l’enfant se réveille dans la nuit, se lever, lui donner sa tétine, mais au lieu d’aller se recoucher promptement, rester à son chevet. L’observer : lorsqu’il s’endort, lui ôter doucement sa tétine. Il y a de fortes chances pour que cela le réveille. Recommencer : lui rendre sa tétine, et lorsqu’il s’endort, la lui ôter, jusqu’à qu’il s’endorme pour de bon… sans tétine dans la bouche. Recommencer autant de fois que nécessaire.

Vous l’avez compris : c’est une méthode chère en sommeil parental. Et même si il y a tout à y gagner, nous ne nous lançons pas là-dedans à un mois de la venue d’un nouveau bébé, et donc de la fatigue à venir d’un accouchement, de nombreuses nuits blanches, et d’un rythme à retrouver.

Pour le moment, Antonin se réveille donc la nuit. Et nous réveille.

Lorsque je me suis plainte de ce fait à mon mari, car je me sens certains jours vraiment vraiment fatiguée, j’ai été surprise de constater qu’il ne partageait pas ma vision négative et que pour lui “Antonin faisait ses nuits”. En en discutant, nous n’avions pas la même vision d’un même fait. J’ai donc décidé de tenir, pendant 10 jours, le “Journal de nos nuits”, dans lequel j’ai consigné les réveils nocturnes du Damoiseau. Il s’agissait de prendre une photographie de ce qu’était réellement son sommeil sur un temps donné à un moment donné.

Voici donc le “Journal des nuits d’Antonin (et des miennes)”, âgé de 15 mois, sur 10 jours.

Nuit 1 : Je ne parviens à me coucher qu’aux alentour de minuit (c’est très trad pour moi !). Antonin se réveille à 4h30. Je lui donne une tétine, il se rendort aussitôt (et moi aussi).

Nuit 2 : A 23h30, grands pleurs violents, mais brefs. Je n’ai même pas besoin de me lever, le Damoiseau a su se rendormir seul. Par contre, moi, je suis bien réveillée, et pour longtemps. A 1h30, pleurs. Le papa d’Antonin se lève pour lui donner une tétine, Antonin se rendort aussitôt. A 2h30, même manège.

Nuit 3 : Nuit complète sans interruption (11h30 de sommeil non stop).

Nuit 4 : Nuit complète sans interruption (11h30 de sommeil non stop).

Nuit 5 : Réveils à 1h et à 6h ; Antonin se rendort aussitôt après avoir récupéré une tétine.

Nuit 6 : Une interruption autour de 4h : les pleurs sont violents, ce n’est pas habituel. La tétine ne suffit pas à calmer Antonin. Je reste à son chevet 1/4 d’heure en attendant qu’il se rendorme. Le problème, c’est que je venais tout juste de m’endormir moi-même…

Nuit 7 : Nuit complète malgrè un réveil un peu matinal à 6h du matin (10h de sommeil non stop).

Nuit 8 : Nuit complète sans interruption (mais moi, j’ai eu une insomnie jusqu’à 3h…).

Nuit 9 : Un réveil-tétine à 2h du matin.

Nuit 10 : Un réveil-tétine à 2h30 du matin.

CONCLUSION : Et bien ce petit “travail” m’a beaucoup intéressée. Il se dégage que :

- 4 nuits sur 10 sont complètes.

- Nous sommes éveillés en moyenne 1 fois par nuit.

- Ce n’est pas toujours la faute du Damoiseau si je ne dors pas, loin s’en faut (dur, dur, les fins de grossesse !)

Le mot de la fin :

ANTONIN “FAIT” SES NUITS.

(si tant est que l’expression veuille dire quelque chose)

En effet, selon Elizabeth Pantley, on dit qu’un bébé fait ses nuits s’il dort 5 heures d’affilée… Et elle ajoute malicieusement : “Ce n’est peut-être pas VOTRE définition à vous, parents, mais c’est comme cela !“.

Elle écrit également que jusqu’à 2 ans, il est normal qu’un bébé se réveille une fois par nuit (Chouette, nous sommes dans les normes !).

Et chez vous, comment cela se passe-il, ou comment cela s’est-il passé ? Quelqu’un peut-il me rassurer et me dire que le sevrage de la tétine se fera tout seul en douceur, sans que nous ayons encore à sacrifier encore de précieuses heures de repos ? Qui est passé par là et quelles solutions a-t-il mis en place ?

Category: 12-18 mois, Livres, quotidien  | Tags:  | 7 Comments
Author: ezlathi
• Samedi, mars 31st, 2012

Quand on vous dit que c’est le printemps…

Aujourd’hui, nous sommes allés pique-niquer au jardin des plantes.

Antonin a vu des quantités de pigeons, fort intéressés par nos miettes de sandwiches, et un magnifique papillon. Il y avait aussi trois tortues qui se chauffaient sur une pierre au soleil et deux canards Colvert blottis à l’ombre des arbres.

Antonin a grignoté deux chips de maïs, de petits morceaux de crudités, un huitième de pomme, et une demi compote. Ben oui, le grand air ne creuse pas tout le monde, apparemment.

Il a regardé ses parents s’escrimer à essayer de faire des bulles de savon (sans succès, recette à revoir),  a contemplé un massif de fleurs de très très près, et s’est entraîné à se balancer sur un avion à ressort avec un évident plaisir.

Et au retour, s’est endormi dans les bras de son papa.

Merci pour cette journée, mes amours !