Il y a quelques jours, avait lieu au sein de l’entreprise qui m’emploie une après-midi d’échanges entre éducateurs remplaçants sur le thème « la vie en pouponnière » (comprendre ici le groupe des 6-18 mois en garderie). Dès que j’ai vu l’intitulé, j’ai posé ma journée pour y aller.
J’aime beaucoup l’idée de faire une pause dans son métier, surtout dans un métier qui touche à l’humain, pour s’assoir, se recentrer, discuter et partager sur ses pratiques professionnelles autour d’un thé. Se remettre en question et comprendre que l’on peut toujours s’améliorer quand on s’occupe de bébés me semble vraiment important.
Nous étions donc quelques éducateurs à papoter bébé, éveil, période d’adaptation, alimentation… Puis l’animatrice nous a fait tirer des « cartes » où étaient inscrites des phrases que nous devions commenter.
J’ai eu le message suivant: « Plus un apprentissage s’inscrit tôt et de manière ludique dans la vie d’un enfant, plus il sera profondément encré en lui ».
Cette phrase m’a beaucoup inspirée et je me suis imaginé de suite un enfant élevé dans la pédagogie MONTESSORI.
J’ai donc développé que selon moi, me basant sur cette pédagogie, l’apprentissage ne devait pas venir de l’adulte (parent ou éducateur), mais bien de l’enfant, qui, passant par des périodes sensibles où il devient très réceptif, apprend facilement par lui-même divers concepts. Le rôle de l’adulte n’est donc pas de lui « apprendre » des choses mais d’observer ses besoins du moment pour mettre à sa disposition un environnement, du matériel qui répondent à ses besoins d’apprentissage. Et ce dès son plus jeune âge.
L’animatrice m’a demandé d’illustrer avec l’exemple des encastrements. Doit-on montrer à l’enfant, lui tenir la main et l’aider à mettre la pièce dans le bon sens?! Je ne crois pas. Je crois que le cheminement est plus important que le résultat. C’est en essayant, en se trompant de nombreuses fois qu’il apprend, surtout si le matériel, à la manière des encastrements est auto-correctif. Et si l’enfant semble ne pas montrer d’intérêt, c’est qu’il n’en est pas là.

Pour d’autres choses, par exemple la politesse, c’est indirectement par son comportement que l’adulte transmet les bonnes manières à l’enfant qui apprend aussi par imitation. Dire merci à un enfant qui vous tend un objet, être poli et respectueux avec lui, avec sa famille(!) est nettement plus efficace que d’insister pour qu’il vous dise merci à longueur de journée.
Le bébé est un formidable être de développement et d’apprentissage, en constante évolution. Et en terme de capacité d’auto-apprentissage, il est bien meilleur que nous! Alors, n’apprenons (n’enseignons) pas A nos enfants, mais apprenons DE nos enfants.
Edit, par rapport aux verbes utilisés dans cette dernière phrase, se référer au commentaire pertinent de Murielle!