BBG les aime beaucoup et nous aussi. On a rangé pas mal de livres récemment, car quand en lit énormément au bout d’un moment on a besoin de renouveler ! Vive les bibliothèques !
Archive for the Category ◊ Education cosmique ◊
Hé, bien, c’est parfois difficile de faire dormir Antonin en journée ! La vie est trop passionnante, que voulez-vous, le Damoiseau ne comprend pas bien qu’on perde autant de temps à dormir.
Plus le temps passe, plus on entoure le sommeil d’Antonin de mille précautions, “pour que ça marche” : le silence, le noir total grâce à des rideaux occultants … Mais bon, force est de constater que “ça ne marche pas”, justement.
Et puis, j’ai repensé aux petits lits à barreaux des puéricultrices Montessori : ils ont des roulettes pour pouvoir être roulé dans le jardin. Les enfants aiment dormir dehors, paraît-il. Je l’ai constaté avec Antonin qui aime dormir dans son écharpe de portage.
Ah ben oui, mais le petit lit à barreaux d’Antonin, lui, n’a pas de roulettes, et d’ailleurs, je ne sais pas bien à quoi cela servirait puisque nous n’avons pas de jardin !
C’est alors que l’idée a germé : nous n’avons pas de jardin, non, mais la chambre d’Antonin dispose d’une fenêtre qui ne donne pas sur la rue, mais sur une cour intérieure à un pâté d’immeubles. OK, il a vue sur les façades grisâtres. Mais c’est parfaitement calme, on entend le roucoulement des pigeons et le bruissement d’un figuier tout en bas, parfois des voix d’enfants ou le son d’un instrument de musique.
J’ai donc totalement changé d’optique : j’ai ouvert rideaux et fenêtre en grand, et déplacé le lit juste en dessous.
Cela donne cela :
Et de son petit lit, Antonin voit cela :
Que croyez-vous qu’il arriva ?
- Vivre mieux, sentir l’amour nous toucher… l’adulte dégénérerait sans l’enfant qui l’aide à s’élever.
- Le petit enfant est doué de pouvoirs inconnus, qui peuvent guider vers un avenir lumineux. Si l’on veut arriver à une reconstruction, c’est le développement du potentiel humain qui doit être le but de l’éducation.
- L’humanité est encore insuffisamment préparée à ce qui reste notre aspiration à tous : la construction d’une société pacifique (…).
- Toute l’éducation de la première enfance doit être pénétrée de ce principe : aider le développement naturel de l’enfant.
- L’homme dégénère sans l’aide de l’enfant qui l’aide à s’élever.
- Seuls, les enfants normalisés aidés par le milieu révèlent dans leur développement ultérieur ces merveilleuses capacités que nous décrivons: la discipline spontanée, le travail continu dans la joie, les sentiments sociaux d’aide et de compréhension pour les autres.
- Rien n’est dans l’intellect qui ne doit passer par le corps car l’organe de l’intelligence est la main.
- Toucher à l’enfant, c’est toucher au point le plus sensible d’un tout qui a des racines dans le passé le plus lointain et qui se dirige vers l’infini de l’avenir.
Pendant ses vacances, Antonin a :
- Découvert qu’il avait des pieds.
- Fait plusieurs dizaines de fois le tour du jardin de ses grands-parents dans les bras de son papa ou de sa maman … et quand ils avaient le malheur de s’arrêter, oh, là, là, non mais pas question, car un jardin c’est sans doute la chose du monde la plus passionnante, n’est-ce pas ? (et les parents n’ont pas le droit d’avoir les bras en compote).
- Touché, caressé, et presque sans jamais les arracher, les feuilles de tous les arbres et de toutes les plantes du dit-jardin.
- Eu 5 mois.
- Regardé la mer de tous ses yeux avec une attention extrême.

- Oublié de « faire ses nuits » … et réclamé 5 repas par jour comme quand il était un tout petit bébé (parce que, maintenant, hein ! Quel grand garçon !).
- Observé et dialogué avec deux petits garçons de 3 et 4 mois de plus que lui.
- Froissé et humé des feuilles de noyer.
- Conversé joyeusement avec le dit-noyer pendant plus d’une heure (qu’on ne vienne pas me dire que les petits sont incapables de rester concentrés dans une activité plus de 5 minutes !!), allongé sur une couverture, en dansant des bras, des jambes et du ventre.
- Découvert de nouvelles sonorités, en particulier une petite percussion africaine dénommée « udu » que son papa reçut pour son anniversaire. Presque aussi passionnant que les mains de Papy frappant au rythme de chansons oubliées !
- Rencontré quelques chats.

- Eu un appétit très relatif : fi des nourritures terrestres !
- Pris conscience que rester en voiture, alors qu’il fait chaud, coincé dans une coque « pour sa sécurité », et bien, ce n’était pas son truc.
- Souri environ 90 milliards de fois (à Mamie, à Papy, au noyer, à ses parents et aux amis de ses parents, aux chats, à la mer, au ciel, au chant des oiseaux …).
- Fait sonner pour la première fois les cordes de la guitalélé de son papa.
- Bu un biberon au pied du Mont Michel (dans une totale indifférence, à vrai dire).
Et fut fort content de rentrer chez lui !
C’est vraiment le geste basique de l’éducation montessori. Observer, est un exercice passionnant.
Je viens de passer des journées entières à le faire. C’est très riche, fatigant même; tant il y a voir.
J’ai pu observer une ambiance montessorienne de bébés entre 0 et 18 mois et une autre ambiance montessorienne de petits enfants entre 18 mois et 35 mois. Le tout dans la même école montessori américaine qui accueille les enfants âgés entre 0 et 12 ans.
Cette tache couteuse en temps est essentielle dans la compréhension de l’enfant et dans la mise en place de l’ambiance adaptée et recpectueuse. Si on n’observe pas, on ne comprend pas, et on passe à côté du métier d’éducateur montessorien (ou pas).
BBG a 2 ans 7 mois et 19 jours.
En ce moment, je profite de l’extérieur et de l’intérieur. Mais ce que je préfère c’est tout de même courir dans la campagne, sur les chemins sans fin, monter, descendre, sauter, me rouler dans l’herbe.
Les senteurs sont vraiment très fortes au toucher comme pour l’odorat.
Essayez vous aussi !
“Quand il va se coucher, le soir, l’enfant appelle la personne qu’il aime et la supplie de ne pas l’abandonner.
Quand nous allons à table, le tout-petit enfant, celui qui est encore au biberon, voudrait venir à nous ; rester là, tout près, non pour manger, mais pour nous regarder. L’adulte passe à côté de cet amour mystique sans s’en apercevoir. Et ce petit être qui nous aime grandira et disparaîtra. Qui donc nous aimera jamais comme lui ?
Qui nous appellera jamais, sur le point d’aller se coucher, en disant : “Reste…” Plus tard il dira, indifférent : “Bonsoir. Bonne nuit.”
C’est encore Maria qui nous écrit ce passage.
“C’est bien une forme de l’amour, cette possibilité qu’a l’enfant d’observer avec une telle minutie, une telle véhémence tout ce qui l’entoure, et d’y découvrir ce qui nous échappe, à nous, qui sommes déjà éteints.”
Ce matin, Maman m’a installé un grand plateau avec de la semoule de blé fine. J’ai beaucoup aimé et j’ai passé longtemps a exploré soit avec mes mains soit avec des objets. J’ai exploré la notion de traces.
J’observais un jour un Japonais qui emmenait promener son enfant d’un an et demi à deux ans. Tout à coup, le petit, s’arrêtant, entoura de ses bras une jambe de son père ; celui-ci s’arrêta aussitôt devant l’enfant qui se mit à tourner en rond autour de la jambe choisie pour son jeu ; quand l’enfant eut terminé son exercice, il recommença lentement sa promenade. Au bout d’un instant, le petit s’assit sur le bord du trottoir ; le père s’arrêta à côté de lui ; sa physionomie sérieuse et naturelle ; il ne faisait rien là d’exceptionnel : c’était tout simplement un papa qui promenait son enfant.





















Commentaires récents