Archives pour la catégorie développement moteur

Les miroirs (suite)

« A quoi sert le miroir ? »
Dès que bébé se retourne seul sur le ventre, il peut redresser la tête et voit émerger son image dans le miroir. Il peut ramper tout prêt jusqu’à le toucher de son front, lécher sa propre image et sentir la froideur de cet outil. 
Le miroir stimule plus que la vision, il permet au bébé de prendre conscience jour après jour des mouvements du monde extérieur et des siens.
Au fur et à mesure que progresse sa vue, son champ de vision s’élargit et la compréhension aussi.
Il découvre les autres bébés dans la glace, il leur fait des sourires.
Il essaie de toucher l’image de lui-même renvoyée par le miroir. Il voit pour la première fois ses propres émotions.
Le miroir permet aussi au bébé de voir ce qui se passe derrière lui, de ne pas être surpris par l’arrivée silencieuse d’un adulte ou d’un bruit de l’environnement dont il n’aurait aucune autre information qu’auditive.

Le miroir a aussi une fonction de refléter la lumière, et donc d’en ajouter dans la surface d’éveil de bébé. Soyez attentif si des rayons de soleil pénètrent dans cette zone, ils pourraient éblouir bébé.

Si on ajoute devant le miroir, une barre d’appui (vous en trouverez dans les boutiques de matériel médical), le bébé pourra voir la totalité de ses mouvements de la station horizontale vers le station verticale. Attention : ici le miroir doit non seulement être large mais aussi de toute la hauteur du bébé. J’ai vu des blogs sur le net, avec de jolies photos mais une belle incompréhension : le bébé ne voit que ses pieds lorsqu’il est debout, le miroir ne couvrant que la partie inférieure lors de sa station debout ! Dommage.

PullUpMirrorwithChild

 

Un décalogue parental

Voici un décalogue proposé par le blogbbmontessori :

  1. Observer et écouter avant de parler à son bébé.
  2. Lui procurer un espace adapté à son développement psychomoteur.
  3. Eviter les phrases et mots négatifs répétés tels « NON » , »Dépéche-toi » « Vite », « Arrête ».
  4. Montrer et dire à mon enfant que je l’aime.
  5. Limiter le comportement dangereux, violent, impoli mais accepter les sentiments et émotions de l’enfant.
  6. Donner des choix à l’enfant, selon ses goûts et envies et les respecter.
  7. Encourager les efforts, autant que les réussites.
  8. Jouer chaque jour avec mon bébé.
  9. Préparer un vrai repas familial quotidien.
  10. Me mettre au rythme du bébé dès que je suis en relation avec lui.

 

Quels types de sols sont adaptés aux bébés ?

La question a été posée lors de notre formation Montessori pour le niveau 0-3 ans, avec des professionnels de la petite enfance.

Il faut considérer les normes auxquelles sont soumises les établissements d’accueil d’une part et le développement du bébé d’autre part.

Concernant le choix de revêtement au sol; il s’élargit de plus en plus car nous inventons de nouveaux matériaux :  aux lino, parquet, carrelage, bois, moquette ou mousse, s’ajoutent les sols en résine de fibres naturelles, etc… Que choisir ?

Pour ma part, je pense qu’on peut mixer les surfaces, pour stimuler le développement sensori-moteur des bébés. Un revêtement pour la pièce qui fait office de salle à manger (normes alimentaires et de nettoyage facile), une autre pour la surface de l’éveil et un autre pour la salle de bain. Les besoins sont différents, les revêtements doivent l’être aussi.

Il semblerait que des sociétés soient « spécialistes », en voici une, glanée sur le net au hasard : http://www.kytom.com/Creche/construction.php

J’ai vu de jolies créations, qui stimulent à bon escient la vision du bébé. Le choix des couleurs et des motifs sont très importants. Je vous fais confiance dans le choix !

 tapis

PS Nous reviendrons sur la question du tapis d’éveil dans un prochain post.

 

 

Les énergies du printemps

C’est le moment de sortir les bébés quotidiennement et de leur faire profiter « sensoriellement » de la belle saison printanière.
Ils verront le ciel bleu au-dessus de leur tête. Ils verront les rayons de soleil éclairer la vie environnante.
Ils entendront les oiseaux gazouiller.
Maria Montessori insiste sur le contact quotidien avec la grande Nature.

Fleur

Faites-leur sentir les fleurs des jardins : primevères, pâquerettes, fleurs des cerisiers, jonquilles et violettes.
Présentez-leur les bourgeons des arbustes.

Passez du temps avec votre bébé !

 

 

 

Ceci se passe dans une crèche (suite et fin)

suite et fin du texte de Aude, EJE

« Lors d’un échange avec une auxiliaire sur l’organisation générale de la crèche, celle-ci me confie son découragement face à l’agitation dans le groupe d’enfants. Nous évoquons l’intérêt de diviser le groupe en petits groupes permettant à l’adulte d’être plus disponible pour les enfants dont elle s’occupe particulièrement. Le moment du repas est pris en exemple par la professionnelle. Je profite de cette occasion pour partager avec elle certaines de mes observations et lui faire part de mes questionnements et de mon analyse. Elle écoute attentivement puis me fait part de son envie  de changer l’aménagement de la salle de repas. Elle souhaite la diviser en deux à l’aide de la desserte, une table de chaque côté. Je salue son idée et apporte quelques éléments relevant de mes compétences de future EJE. Je mets en avant que le petit groupe favorise une prise en charge plus individualisée, une disponibilité plus grande pour les enfants de la part des professionnelles qui deviennent «  référentes  » d’un groupe d’enfants. Je mets l’accent sur l’importance, dans cette configuration d’espace, de se «  poser  » avec les enfants et d’éviter les allées et venues, sources d’agitation. Nous évoquons alors le moment qui précède le repas et je lui indique qu’il paraît essentiel de prévenir les enfants en mettant en place un temps de transition qui soit un repère pour eux.

manger
Cet échange s’est enrichi lors d’une réunion que les auxiliaires et les titulaires du CAP petite enfance font entre elles, une fois par semaine dans la section au moment de la sieste des enfants. Cela a été l’occasion pour moi d’apporter des éléments importants pour l’enfant  : qu’il se sente à la fois sécurisé par une organisation claire, qu’il sente qu’il a sa place d’individu unique dans ce collectif, toujours la même place, qu’il puisse participer activement au repas et enfin qu’il se sente utile et donc valorisé pour ce qu’il produit pour le collectif auquel il appartient.
Nous avons souhaité une organisation fiable et repérable pour l’enfant qui réponde à son besoin d’anticipation. Cette organisation qui peut paraître stricte et rigide est à mon avis plus une organisation exigeante qui garantie un cadre sécurisant pour l’enfant et qui permet à la professionnelle d’être plus disponible pour lui sans avoir à gérer des problèmes liés à l’organisation. Cette vision des choses fait écho à l’importance donnée à l’organisation dans la pédagogie d’Emmi Pikler et à celle de  l’ordre dans la pédagogie de Maria Montessori.

Voici ce que nous avons fait en équipe  :
Nous avons souhaité que la transition entre le temps de jeu et le temps du repas se fasse en douceur, en respectant le rythme de chaque enfant. Nous avons initié un moment de lecture à voix haute suivi d’un moment de chant en laissant progressivement les enfants venir rejoindre le groupe. La plupart des enfants viennent s’asseoir rapidement dès le début de la lecture, d’autres restent en retrait avec un jouet mais j’observe qu’ils sont avec nous sans pour autant être dans le groupe  :

Pierre est à l’écart du groupe, il termine une construction. Je suis en train de lire «  La grenouille a grande bouche.  » Soudain je l’entends dire à l’autre bout de la pièce  : «la grenouille elle mange des mouches  !  ».

Après ce temps calme, une professionnelle explique aux enfants ce qui va suivre. Deux enfants partent préparer la salle de repas avec une professionnelle pendant que les autres, à tour de rôle, se lavent les mains dans la section.
Louis et Maud partent joyeusement avec Marie pour mettre la table. Ils lavent leurs mains au lavabo double dans la salle de repas pendant que Marie dispose les petites étiquettes des « prénoms-gommettes » toujours à la même place suivant un plan de table affiché dans la salle. Les enfants se dirigent vers le bac de vaisselle et dispose les assiettes sur la table ou ils ont l’habitude de manger. Marie veille à ce que les enfants ne se trouvent pas en difficulté. Elle nomme les enfants qui seront présents à chaque table. Une fois la table mise, le petit groupe retourne dans la section. Maud annonce fièrement: «  ça y est, c’est prêt  !  ».
Le petit groupe se dirige tranquillement vers la salle de repas. Chacun prend place, sa place.

Cet élément, empreint à la pédagogie d’Emmi Pikler, vise à donner un cadre rassurant à l’enfant. Celui ci sait qu’il à une place qui reste inchangée, qu’il la trouvera pour chaque repas.
Une adulte prend place à chaque table, en face des enfants. Elle a ainsi accès à tout le matériel nécessaire au repas des enfants en restant assise, proche et disponible pour les enfants. Si le nombre d’adultes est supérieur à deux, ces adultes se positionnent de manière judicieuse auprès des enfants dont ils sentent un besoin d’accompagnement plus important.
Durant tout le repas, chaque table fonctionne de manière indépendante et l’adulte respecte le rythme qu’il pense être celui des enfants qu’il accompagne.
L’adulte nomme les plats et invite les enfants à se servir seul, ou a servir les autres. Les différents échanges entre enfants sont respectés et encouragés. L’adulte veille à ne pas presser les enfants. Elle semble elle-même plus détendue dans cette organisation  et j’observe que la professionnelle change son mode de communication, les interdictions sont moins nombreuses et les échanges sont naturels, un vrai dialogue s’installe entre elle et les enfants. J’attribue ces bienfaits au fait que l’adulte n’est pas accaparée par le souci de l’organisation du repas  : «  …ce temps de soin est un temps de lien…les enfants sont nourris non seulement par les éléments qu’ils trouvent dans l’assiette, mais par l’attention et l’intérêt qui leur sont portés, gages de sécurité et fondement de l’estime de soi  ». Les enfants participent au débarrassage avec plaisir. Chacun apprend en douceur à faire en présence de l’autre puis avec l’autre.
Cette organisation permet une prise de repères sécurisante pour l’enfant. Elle le responsabilise dans une action phare de la journée et lui donne une place en tant qu’individu dans un collectif. Elle valorise l’enfant dans ses capacités et ses compétences. Elle le fait «  acteur  » de sa vie à la crèche. »

Jouer dans le jardin (suite)

Comme convenu, observons l’apport pédagogique du cheval à bascule.

cheval de bois

Tout comme la brouette, il va permettre à l’enfant de perfectionner son développeur moteur, grâce à l’étirement de grands muscles, la recherche de l’équilibre lors de la montée et de la descente du cheval.

Du point de vue conscience du centre de gravité, ce petit cheval, est peut-être nouveau pour l’enfant. En tous les cas, il lui impose de se pencher de l’avant vers l’arrière tout en maintenant son équilibre grâce à ses mains et bras, pour ressentir le balancement.

La question de sécurité se pose sur cet objet, alors qu’elle ne se posait pas pour la brouette.

Etant donné que le cheval se trouve dans le jardin, qui est aux normes de sécurité (sol en terre souple ou dalles normées), cela ne pose pas de problème. Et au contraire, l’enfant pourra expérimenter sans danger la perte d’équilibre.

Sur le choix du cheval à bascule, il va sans dire, qu’il faut prendre son temps, comme pour tout matériel pédagogique actuel. Le mieux est de le voir expérimenter par les enfants eux-mêmes. Les anciens jouets, en bois, étaient souvent bien conçus.

Demain, nous continuons à explorer l’aménagement du jardin.

Le pouvoir du « OUI »

Aimons-nous avoir comme réponse à nos questions, à nos demandes, à nos attentes un « OUI » franc et massif ?

La réponse est justement, oui !

Croyez-vous qu’il en est de même pour les enfants ?

La réponse est justement, oui !

Avez-vous envie d’expérimenter la force de pouvoir dire « OUI » et entendre « OUI » ?

La réponse est justement, oui !

Vous souvenez-vous d’avoir espéré très fort une réponse positive à un moment de votre vie ?

La réponse est justement, oui !

Vous souvenez-vous de l’effet sensationnel, libérateur que ce « OUI » tant attendu, a eu ?

La réponse est justement, oui !

Pensez-vous être capable de changer vos « NON » en « OUI » ?

La réponse est justement …. (remplissez les pointillés)

Je vous mets un pictogramme du « OUI ». Pour le signe bébé voir cette vidéo superbe  avec la chanson « yes please » inspirée de la méthode Makaton dont je vous ai déjà parlé.

Une journée chez les 2-3 ans

Cela fait maintenant 4 mois que je travaille pour ce service qui emploie des éducateurs remplaçants pour les Centres de le Petite Enfance du Québec.

Je remplace beaucoup en pouponnière, c’est à dire chez les moins de 18 mois, mais aussi parfois dans les groupes de 18-24 mois et 2-3 ans. Jamais chez les 3-5 ans, par choix et parce que j’ai moins d’expérience, j’aurais « peur » de ne pas trop savoir que leur proposer (contrairement à la France, l’école commence à 5-6 ans ici).

Bilan : Je ne regrette pas mon choix de venir découvrir la Petite Enfance au Québec, j’ai découvert de nombreuses autres façons de faire, par exemple un gros accent est mis sur la communication entre les enfants, l’utilisation du « je » pour régler les soucis (ex: « je n’aime pas ça »), l’estime de soi… Mais aussi le congés maternité de 11 mois, wahou! (Nous accueillons donc assez peu d’enfants de moins de 10-12 mois à la garderie, ce qui je trouve est très bien pour eux! Par rapport à nos bébés de 3 mois qui fréquentent déjà la crèche à temps plein…).

Mais c’est aussi parfois difficile pour moi entre le décalage culturel (je trouve les français un peu plus maternants), le statut de remplaçant qui oblige à s’adapter en permanence, à chercher le matériel, et surtout en pouponnière, le travail en binôme avec une collègue « permanente » avec qui je ne partage pas toujours les valeurs de travail (j’en avais déjà parlé, une de mes collègues recourait à une forte emprise psychologique et à la force physique afin de forcer les tout-petits à manger! J’ai depuis, banni cette garderie de mes remplacements).

Alors je suis bien contente parfois d’avoir des groupes plus âgés, car à partir des 18-24 mois, le ratio personnel-enfants est augmenté à 1 éducateur pour 8 enfants (1 pour 5 avant ça), donc le plus souvent, je suis seule avec mon groupe d’enfants pour la journée.

Finalement, je trouve que cela me convient mieux car, tout en m’adaptant à la routine établie, je peux travailler et m’organiser à ma façon.

Il y a quelques jours, j’ai eu une très belle journée, dans un local bien adapté, avec un groupe d’enfants de presque 3 ans. Je vais donc vous décrire ma journée avec eux.

8h15: J’arrive à la garderie un peu en avance, me présente et visite le local. Cela me permet de bien repérer avant comment il est aménagé. Puis on me présente aux 2 enfants déjà présents qui seront avec moi; ils jouent dans le local d’à côté. Au fur et à mesure de leur arrivée, j’explique à tous les enfants qui je suis et pourquoi leur éducatrice n’est pas là aujourd’hui. Avec cette tranche d’âge, c’est souvent facile, quelques secondes d’observation mutuelle et ils m’ »adoptent » vite; c’est parfois plus compliqué avec les 18-24 mois.

8h30: Avec les 3 enfants arrivés, nous regagnons notre local. Je les laisse jouer librement afin qu’ils se rassurent, me présentent leur jouets, et pour pouvoir accueillir les autres qui arrivent graduellement.

8h50: Je préviens les enfants que dans 5 min, il sera temps de ranger pour s’installer pour la collation (la journée en garderie comprend 1 repas et 2 collations!). Je préviens toujours les enfants d’un changement d’activités un peu avant afin de les préparer et leur laisser le temps de terminer leur jeu.

8h55: NOUS rangeons en chanson. Je dis bien nous, car je range avec eux (davantage qu’eux même), afin de les motiver et leur montrer comme ranger. Je chante en même temps, sur un air de « y a un rat, sous mon toit », un classique des garderies qui est « y’a pas qu’moi, qui range bien, je vois L**** qui range, y’a pas qu’moi qui range bien, je vois J**** ranger ». Et cela fonctionne très bien dès 2ans, 2ans1/2 car les enfants aiment qu’on remarque leurs efforts positifs et ainsi, être cités dans la chanson!

9h: Les enfants vont d’eux même se laver les mains, sans bousculade, chacun leur tour au lavabo installé à leur hauteur (le local est vraiment bien pensé!), avec savon, essuie-main et poubelle. Puis nous nous installons à table pour la collation.

Ce matin c’est du lait et des céréales. Si je sers moi-même le lait car le pichet et gros et lourd, je verse des céréales différents dans 2 bols (laissant ainsi le choix aux enfants), et propose aux enfants de se servir eux-même à l’aide d’une cuillère de service. Ils n’ont pas l’air d’avoir l’habitude de se servir seul mais ce petit exercice de choix-transvasement à la cuillère a l’air de leur plaire et ils se resservent tous plusieurs fois! Par contre le concept de « cuillère de service » et plus compliqué et je dois intervenir plusieurs fois pour expliquer pourquoi il ne faut pas se servir avec sa propre cuillère: peine perdue!

9h15-9h30: Lorsqu’ils ont terminés, ils ramènent seul leur bol et leur cuillère dans l’évier. Puis je propose aux enfants de nettoyer la table avec des carrés de torchons. L’exercice consiste à mouiller son tissu au petit lavabo, à apprendre à l’essorer en le pressant fort dans ses mains, à déposer le carré bien à plat sur la table,et posant sa main par dessus, laver toute la surface de la table. Je termine ensuite moi-même avec du désinfectant (hygiène et sécurité oblige!!). Cet exercice sera re-proposé pour le plus grand bonheur des enfants après le repas et la collation de l’après-midi.

En tout, 6 des 8 enfants ont désiré participé et ont beaucoup aimé l’exercice.

9h45: Nous nous installons en cercle à l’endroit prévu par l’éducatrice régulière afin de lire une histoire. Une des enfant a apporté un livre dans le thème du mois du groupe « les fées, princesses et chevaliers ». Nous parlons donc de ce sujet et la propriétaire du livre montre les différents personnages à ses amis.

10h: Nous partons au vestiaire pour le difficile exercice de l’habillage quasi-hivernal afin de sortir jouer dans le parc. Et là, c’est le seul moment de la journée où je « perds » mon groupe. Déjà, c’est ma faute, j’ai oublié de leur proposer de passer aux toilettes et certains sont continents. Je suis donc obligée d’aider chaque enfant à l’habillage, aux changements de chaussures (merci aux parents d’être attentifs au choix des vêtements et souliers :-s), tout en jetant un oeil à ceux qui sont aux toilettes, pendant que les autres courent partout, s’impatientent… Mais après 15 bonnes minutes, oufff tout le monde est prêts!

(Si vous avez des conseils pour m’aider à gérer ce moment au mieux, c’est le plus difficile de la journée, et malheureusement, il se répète au moins 1 à 2 fois par jour, 5 fois par semaine! Avec un groupe de 8 « bébés » de 18-24 mois, c’est vraiment un exercice de patience, pour eux comme pour moi!)

10h15: Nous partons pour le parc avec un autre groupe, les 16 enfants s’accrochent aux poignets d’un serpentin spécial afin de traverser la rue en toute sécurité, puis le lâchent dans le parc.

Il fait beau, nous profitons du sable, des toboggans, balançoires et autres jeux à grimper pendant 45 min.

Comme les enfants sont tous mélangés, je me retrouve à observer un groupe de « grands » de 4 ans qui s’amusent, ou plutôt s’éclatent sur un grand toboggan en spirale, en enfreignant la règle qui stipule « un enfant après l’autre pour glisser ». Ils montent à 4 ou 5 (il y a quand même une vaste plate-forme entre l’échelle et le début de la glissoire), s’accrochent et glissent ensemble en riant. Je les laisse faire, ne voyant rien de dangereux dans le jeu qui, au contraire, semble renforcer les liens amicaux entre eux.

D’autres manipulent des bâtons, du sable, tous vaquent à leurs occupations d’enfants. C’est un vrai moment de détente au soleil, y compris pour les adultes!

11h: Il est temps de rentrer pour le déjeuner. Après l’opération « déshabillage » un peu plus facile cette fois, malgré la fatigue évidente de certaines enfants, leur routine très bien établie, ils partent se laver les mains consciencieusement, sans avoir besoin de l’intervention de l’adulte.

La table étant un peu petite pour 8 enfant et un adulte, une règle dans ce groupe veut que « l’enfant du jour » (selon un roulement pré-établi et affiché avec des codes couleurs individuels) invite un ami à déjeuner en tête à tête sur une petite table un peu isolée du grand groupe. Aujourd’hui O. (fille), invite E. (garçon), à déjeuner avec elle. Il accepte volontiers et c’est O. qui sert son ami « au restaurant », lui apportant ce dont il a besoin.

Pendant que je mange avec le reste du groupe, j’observe les 2 amis à l’écart qui discutent et communiquent à leur manière pendant tout le repas, comme 2 amis heureux de se retrouver ensemble, hors du grand groupe. J’ai aimé cette idée d’un peu d’individualité dans un groupe. Laisser le choix de l’amitié, permettre à un enfant de servir son convive! Dommage que ce soit le seul endroit où j’ai pu voir cette très belle idée.

Puis c’est nettoyage de la table, et lavage des mains.

12h: Je demande aux enfants de m’aider à installer leurs affaires pour le temps du repos. Ils sortent leur petit matelas, leur couverture et les installe à LEUR place, un endroit désigné pour chacun d’eux, où, sur chacune de leur place et à leur hauteur, est accrochée une photo de leur famille.

Ils enlèvent ensuite leurs souliers et vont à tour de rôle aux toilettes. J’aide ceux qui en ont besoin à changer leur couche, debout.

Puis je baisse les stores comme le ton de ma voix et ils s’installent chacun sur leur petit matelas pour jouer à des jeux calmes. L’éducatrice de ce groupe a prévu un beau choix de petites boîtes avec de petits objets pouvant être manipulés au calme sur les matelas avant la sieste. Les enfants ont le choix entre des petites plaquettes de bois, des dominos, des figurines d’animaux, des personnages, des toupies, des « cailloux » brillants style déco de salle de bain, … D’autres choisissent des livres, certains commencent même à somnoler. Puis nous rangeons.

12h45: C’est l’heure de se reposer (ou plutôt de dormir, car à cet âge, tout le monde y parvient encore!). Comme je ne parviens pas à faire fonctionner le lecteur CD, c’est moi qui fredonne quelques berceuses.

13h-13h45: C’est l’heure de ma pause, bien méritée!

13h45: Quand je reviens, tout le monde s’est endormi. Je remplis les cahiers de liaisons, qui, je l’ai vite compris, ne sont que rarement lus par les parents au quotidien. D’abord parce que nous parlons de vive voix, quand je suis encore là, et parce que tout le monde court. C’est dommage mais c’est comme ça. Dans nos vies, on court. On « récupère » son enfant en courant pour repartir toujours plus vite faire des courses, le diner…

14h20: Certains enfants commencent à se réveiller. Je leur laisse le temps de s’étirer puis leur propose de prendre des livres en attendant le réveil des autres. Graduellement, ils passent aussi à la salle de bain et remettre seul ou avec mon aide, leurs chaussures.

15h15: Tout le monde est réveillé et prêt, nous repassons à table pour la collation de l’après midi (et oui en garderie, on a l’impression de passer notre temps à table! 3 fois sur 8 ou 9h de travail!!). Même déroulement que pour la collation du matin mais c’est moi qui sert le crumble et le lait. Puis nettoyage de la table par les enfants, des mains et je leur demande à quoi ils aimeraient jouer.

15h45: Plusieurs enfants veulent faire de la pâte à modeler, un autre veut dessiner, d’autres encore jouer et le dernier me tends le livre que nous avons lu le matin.

J’installe donc la pâte à modeler sur la grande table, avec un panel d’accessoires tels que couteaux en plastique, rouleaux à pâtisserie, emporte-pièce… Et plusieurs petits se lancent, les uns dans la « cuisine », les autres dans la fabrication de serpents…!

Sur la plus petite table, j’aide un enfant à s’installer les feutres et du papier.

2 autres sont déjà partis jouer avec les légos.

Enfin je m’installe au milieu de tout ce petit monde qui s’affaire avec le dernier, afin de lire avec lui le livre de princesses et chevaliers…

Mais déjà, dès 16h, les parents défilent, arrivant discrètement à la porte pour observer,  émerveillés, leur tout-petit concentré dans son jeu ou son œuvre.

En peu de temps, la plupart sont partis et c’est à mon tour de rentrer chez moi. Jusqu’au lendemain, où je me demande ce qui m’attend… De belles surprises, ça ne fait aucun doute!

A demain!

Où se laver les mains, le visage, se brosser les cheveux….

Dans un commentaire récent, une maman demandait comment mettre à la hauteur et à la disposition de l’enfant un petit lavabo.

J’ai retrouvé cette jolie photo que j’avais prise dans une petite classe Montessori pour les enfants de moins de 3 ans.

J’attire votre attention sur les détails comme le bouquet de fleurs fraîches posé sur le lavabo, le tapis sous les marche-pieds, l’essuie-tout à la disposition de l’enfant à gauche comme à droite (souvent dans les toilettes publiques françiases on est obligé de se déplacer pour accéder à l’essuie-main, l’avez-vous remarqué ?) le savon liquide en distributeur ou encore le système de fermeture sécurisé sous le lavabo.

Il y a un grand miroir face aux enfants et les robinets sont orientés de façon différente : les petits enfants n’ont pas à se pencher complètement sur le lavabo pour atteindre le robinet. Celui-ci est très facile à fermer et ouvrir : on le fait pivoter sur lui-même, la prise en main est simple, même pour les plus jeunes.

Enfin la poubelle derrière grande ouverte permet de jeter son essuie-main très aisément.

Les critères montessoriens sont réunis : adaptation au développement de l’enfant (taille, hauteur, nombre d’objets, manipulations des objets), c’est propre, c’est joli, modulable, l’enfant peut y aller en toute autonomie.

Envoyez-nous les photos de l’espace personnel que vous avez aménagé chez vous !

Bonne journée à chacun

La parentalité empathique et la colère de l’enfant

Si vous cherchez une définition de l’empathie, vous trouverez qu’il y en a plusieurs selon l’angle d’étude de cette réaction humaine.

Dans le domaine de l’éducation parentale ou professionnelle dite humaniste, consciente de bientraitance, notre démarche vis-à-vis de l’enfant, consiste à comprendre son émotion et à l’apaiser si besoin.

Imaginons une scène banale entre un enfant et un adulte  : il ou elle a 2 ans, se trouve devant un rayon de jouets au supermarché. Il ou elle a déjà tenté de prendre une peluche, une voiture, un puzzle. En vain, il ou elle a essuyé des « NON » fermes les uns après les autres. De plus vous tentez depuis des minutes de l’emmener loin de ces objets obsessionnellement convoités dans l’instant présent.

Que faire ?

Si on maitrise l’empathie, on peut imaginer et comprendre l’ensemble des émotions et sentiments qui passent par l’enfant à cet instant :

1) rester dans cet endroit plus longtemps
2) pouvoir choisir et jouer immédiatement sur place avec le plus de jouets possible
3) espérer emporter dans sa maison tout ce qu’il aura décidé
4) vous associer a cette liesse

On peut dans ce cas, lui dire une partie de ces idées, pour voir lesquelles sont vraiment partagées par l’enfant.
A partir de sa réaction, on peut chercher avec lui une solution qui conclurait la situation de façon positive pour l’enfant (et le parent !)

Peut-être qu’en réalité il a encore besoin de regarder, toucher les jouets et que dans quelques minutes, il acceptera de partir. Peut-être qu’il a seulement envie de manipuler avec vous quelques jouets, de les découvrir avec vous et de partagez ses découvertes sensorielles ?

Eduquer l’enfant à la compréhension de ses émotions et à la maîtrise de certaines, est un grand service à lui rendre pour son avenir. Combien d’entre nous avons en mémoire, des adultes colériques devenir violents et agressifs car incapable de maîtriser l’émotion qui les submerge au point de les transformer en père, mari ou collègue maltraitant ?

Nous n’acceptons pas chez l’enfant ce que nous nous donnons le droit de lui faire subir : la colère