Archive for ◊ mai, 2011 ◊

Author: Murielle
• Mardi, mai 31st, 2011

Dans le nido, les éducatrices parlent aux bébés.
Elles s’adressent à lui avant de le toucher, le regarde dans les yeux, lui font un sourire. La voix est douce et la phrase chuchotée. Comme le nido est silencieux, l’enfant entend bien les nuances de la voix.

“Je vais changer ta couche”. “Je te pose sur la table à langer” “Je vais te laver les mains;”

“Je vais te poser dans le lit” “Quand tu auras fini ta sieste, je reviendrai te lever”.

“As-tu faim ?” “On va préparer ton repas.”

Tout ceci semble évident, mais ne l’est pas.

Beaucoup de gens pensent encore qu’un nouveau-né ne comprend pas le langage et donc qu’il est inutile de lui parler ou alors de lui en dire le minimum.

(Paradoxalement je trouve que les adultes parlent beaucoup à leur chien et leur chat !)

Beaucoup de gens ne pensent pas à expliquer à l’enfant ce qui se passe et ce qui va se passer : “Maman reviendra te chercher ce soir après son travail.” “Papa t’emmène chez ton oncle aujourd’hui”. “Il fait froid dehors, alors je te mets un pull.”
Grâce à ces paroles, l’enfant apprend le langage (c’est par l’organe sensoriel auditif que le bébé apprend le langage en premier) et il apprend aussi à comprendre les relations du monde qui l’entoure.

D’ailleurs si on observe actuellement les relations humaines, on retrouve cet adage :
Parler à son mari : quelle drôle d’idée !
Parler à son adolescent : quelle drôle d’idée !
et Parler à son (sa) supérieur(e) hiérarchique : quelle drôle d’idée !

Combien de temps passons-nous à parler avec les gens les plus proches de nous ?

Author: ezlathi
• Mardi, mai 31st, 2011

Cinq mois, y’a pas à dire, c’est une étape. Antonin commence à sentir dans son corps qu’il a, en puissance, la capacité de s’asseoir, de ramper, de marcher à 4 pattes et même sur ses deux jambes ! Seulement voilà : il ne le peut pas encore en acte. Et c’est la découverte d’un sentiment très désagréable, mais qui sera le moteur de bien des apprentissages : la frustration.

En tant que parent, c’est parfois difficile, face aux pleurs de son enfant, de bien avoir en tête le fameux adage montessorien “Aide-moi à faire seul !”. Pas question de coller dans la main du petit l’objet vers lequel il tendait en râlant : je vous parie qu’il le rejettera en pleurant. Car ce qui l’intéresse, ce n’est pas de l’avoir, mais c’est d’arriver à l’avoir seul ! Mon truc à moi (mais il y en a des tonnes d’autres) : je plaque ma main sur la plante de ses pieds pour qu’il puisse pousser dessus et se grandir de quelques centimètres. Et voilà ! Dans la main, cette Sophie la girafe qui paraissait inaccessible ! (puis dans la bouche assez vite, d’ailleurs, c’est si bon le caoutchouc qui a traîné partout !)

Antonin joue seul sur des temps qui me semblent être assez longs. Bon, il y a des jours où il a besoin d’énormément d’attention : par exemple, hier, après le retour de vacances, son papa fut absent toute la journée alors qu’il avait pris l’habitude de le voir à chaque instant pendant 10 jours. Antonin n’a pas voulu rester seul un seul instant. Il a eu besoin d’être beaucoup dans mes bras, et pleurait pour un rien (ou pas grand chose). J’en ai pris mon parti, et aujourd’hui, je retrouve le petit garçon autonome que je connais. Attention : comme le disait si bien Murielle dans son dernier post sur les portiques, pas question de “coller” l’enfant dans son aire de jeu et de le plaquer pour aller faire sa vaisselle. La vaisselle attendra, sans quoi le petit aura vite fait la liaison entre “l’aire de jeu” et “l’absence de Maman”. Il convient de passer du temps avec lui autant qu’il le souhaite : c’est de notre disponibilité que dépend sa capacité à rester seul un moment. Il regardera, explorera  et gazouillera en tête à tête avec ses jouets familiers d’autant mieux que vous l’aurez fait avec lui (et beaucoup).

Antonin me semble assez actif : même dans les moments de contemplation les plus intenses, il bouge généralement au moins une partie de son corps. Il est amusant de constater qu’il a des “phases” : il a eu la phase des “Je claque mes lèvres l’une contre l’autre”, puis celle des “ADADADADADA”. Il a eu la phase des “Je me retourne du ventre sur le dos et du ventre sur le dos” et celle des “Je m’étire de tout mon long pour saisir un objet”. On observe la même chose dans les classes Montessori, où les enfants sont libres de choisir leurs activités : dès qu’ils maîtrisent une notion ou un geste, dès que l’activité ne peut plus rien leur apporter, ils passent à autre chose. Bien sûr, ce n’est pas linéaire, et ils éprouvent parfois le besoin de revenir en arrière pour consolider un acquis (quel bonheur de retrouver les “ADADADADA” qu’on n’avait pas pratiqué depuis une semaine !).

Allez, bonhomme ! Tu vas y arriver !

Allez, bonhomme ! Tu vas y arriver !

Antonin a cinq mois ! C’est beaucoup, et c’est peu en même temps ! Dire qu’il y a six mois, donc, nous nous réveillions sans ses babillages du matin ! Qu’est-ce que six mois dans ma vie à moi ? Pas grand chose, n’est-ce pas ? Et pourtant, j’ai l’impression qu’il a toujours été là.

Author: Murielle
• Lundi, mai 30th, 2011

Le portique en bois est un élément essentiel de l’ambiance du tout petit dans le nido. Celui-ci est conçu pour y accrocher les éléments que l’on souhaite, à la hauteur que l’on souhaite. (désolée pour la photo, il n’y avait rien d’accroché à l’instant du déclenchement !). Le bébé est posé sur le dos au-dessous du portique, sur un moelleux tapis grand et clair.
Veillez à choisir des objets sûrs, fabriqués avec des composants non nocifs, dans des matériaux nobles (pas trop de plastique) et respectueux de l’environnement (comme on conseille en ce moment).

L’enfant sera très heureux de tenter de saisir ces objets de couleurs vives qui dansent au-dessus de ses yeux. C’est une bonne stimulation pour ses muscles, l’éveil de son intelligence (comprendre la causalité), sa coordination main-oeil, etc…Souvenez- vous que les bébés sont des êtres supra intelligents, donc respectez cette faculté si pointue chez eux.

Le bébé sera heureux d’y passer un petit moment, mais il doit sentir votre présence à proximité, ne “l’abandonnez” pas (même pour prendre votre douche !), il fera le raccourci rapide entre le portique et l’abandon de sa maman ou son papa ! Asseyez-vous à côté et observez-le découvrir et jouer. Ecouter le silence et les petits bruits du bébé. Ses petites mains s’agitent, ses doigts agrippent, son sourire se dessine et son visage s’éclaire. Il tourne la tête, oriente son regard. Tout va très vite dans son petit cerveau en pleine croissance.

Le portique doit être bien stable (si vous vous lancez dans la conception) car l’enfant a beaucoup de force et tirera dans une direction que vous n’aurez pas testée ! Changez régulièrement les objets (anneaux en bois, pompons en laine, balle en caoutchouc,  gros coquillage.

Je vous mets 2 photos d’exemples trouvées sur le web; je ne donne pas de marque de fournisseurs, ce site se l’interdit, vous êtes assez grands pour trouver par vous-mêmes et du coup nous ne sommes pas en cause si le fournisseur vous déçoit !

Author: ezlathi
• Lundi, mai 30th, 2011

Pendant ses vacances, Antonin a :

  • Découvert qu’il avait des pieds.
  • Fait plusieurs dizaines de fois le tour du jardin de ses grands-parents dans les bras de son papa ou de sa maman … et quand ils avaient le malheur de s’arrêter, oh, là, là, non mais pas question, car un jardin c’est sans doute la chose du monde la plus passionnante, n’est-ce pas ? (et les parents n’ont pas le droit d’avoir les bras en compote).
  • Touché, caressé, et presque sans jamais les arracher, les feuilles de tous les arbres et de toutes les plantes du dit-jardin.
  • Eu 5 mois.
  • Regardé la mer de tous ses yeux avec une attention extrême.
  • Oublié de « faire ses nuits » … et réclamé 5 repas par jour comme quand il était un tout petit bébé (parce que, maintenant, hein ! Quel grand garçon !).
  • Observé et dialogué avec deux petits garçons de 3 et 4 mois de plus que lui.
  • Froissé et humé des feuilles de noyer.
  • Conversé joyeusement avec le dit-noyer pendant plus d’une heure (qu’on ne vienne pas me dire que les petits sont incapables de rester concentrés dans une activité plus de 5 minutes !!), allongé sur une couverture, en dansant des bras, des jambes et du ventre.

  • Découvert de nouvelles sonorités, en particulier une petite percussion africaine dénommée « udu » que son papa reçut pour son anniversaire. Presque aussi passionnant que les mains de Papy frappant au rythme de chansons oubliées !
  • Rencontré quelques chats.
  • Eu un appétit très relatif : fi des nourritures terrestres !
  • Pris conscience que rester en voiture, alors qu’il fait chaud, coincé dans une coque « pour sa sécurité », et bien, ce n’était pas son truc.
  • Souri environ 90 milliards de fois (à Mamie, à Papy, au noyer, à ses parents et aux amis de ses parents, aux chats, à la mer, au ciel, au chant des oiseaux …).
  • Fait sonner pour la première fois les cordes de la guitalélé de son papa.
  • Bu un biberon au pied du Mont Michel (dans une totale indifférence, à vrai dire).

Et fut fort content de rentrer chez lui !

Author: Murielle
• Dimanche, mai 29th, 2011

Les couleurs dans le nido sont assez harmonieuses.
Il y a la couleur verte dominante de l’ensemble de la pièce : les murs sont “amande douce”, les placards peints un peu plus foncés.
Une jolie frise d’ombres noires d’animaux et plantes de la savane tranche sur le bas du mur, à hauteur de vue des bébés.

Le sol tranche avec un lino, imitation bois clair.
Les petits lits sont blancs et les tapis soit en longs poils doux et blancs, soit en mousses couleurs vives, (comme sur la photo ci-dessus). Les étagères et paniers sont couleur bois clair.
Enfin les “jouets” sont de couleurs vives en général.

La vue de l’enfant est stimulée par les couleurs mais aussi apaisée par l’harmonie générale dégagée par ce lieu. Lorsqu’on rentre dans la pièce on ressent immédiatement un bien être partagé.

Pour entrer dans la pièce, on doit se déchausser et mettre de grosses chaussettes propres, adaptées. Cela assure une propreté au sol sur lequel se déplacent les bébés, et aténue les bruits des déplacements des adultes.

Demain nous parlerons de l’ambiance sonore du nido !

Author: Murielle
• Samedi, mai 28th, 2011


Voici la table à langer du nido. Vous voyez le petit matelas en plastique avec la ceinture qui permet de sécuriser l’enfant pendant qu’on le change. L’éducatrice le prévient qu’elle va lui changer la couche, le dépose délicatement sur le dos sur le matelas, accroche la ceinture de sécurité. Elle prend des gants fins jetables en plastique et commence à déshabiller l’enfant. Chaque enfant à un sac avec ses effets personnels, comme les couches et les lingettes (j’ai d’ailleurs vu mes premières couches jetables imprimées “jean”), si les parents le souhaitent.
Lorsque l’enfant est changé, l’éducatrice lui lave les mains au robinet (à gauche sur la photo). Ils aiment !

La couche est jetée dans une grande poubelle, autre que celle des déchets organiques.
Puis l’éducatrice note l’heure de changement de la couche.

Author: Murielle
• Vendredi, mai 27th, 2011

Voici un des espaces pour l’éveil et le développement du bébé dans le nido. Des petits tapis de forme carrée en mousse de couleurs (non toxiques) sont posés sur le sol en parquet. La surface est délimitée d’un côté par le mur et de l’autre par une petite étagère de bois à un étage, dans laquelle sont se trouvent des paniers et objets de stimulation pour les enfants (on verra en détails le contenu dans un prochain post). Un ensemble de petits cubes en mousse de couleurs vives aussi, sont posés contre le mur (en cas de chute, ils sont bien utiles comme j’ai pu le remarquer).

Les enfants sont parfois posés par les éducatrices dans cet espace, soit sur le ventre, soit sur le dos. (On ne pose pas un enfant assis, s’il ne sait pas passer de la position assise à une autre position seul.) Puis les enfants y passent du temps, seuls, accompagnés d’une éducatrice ou rejoints par un autre enfant ou plusieurs.

La notion d’activité n’existe pas dans ce lieu. (Sauf pour cette petite fille trisomique dont l’orthophoniste et la psychomotricienne viennent, chaque semaine pour deux séances, données pour elle, mais dans le nido. J’ai pu y assister à l’une d’elle et j’ai su que la professionnelle utilise le langage des signes pour bébés).
Le cours de la journée est très fluide, car complétement rythmé par les besoins de l’enfant. La présence de peu d’enfants permet d’être à leur écoute et de changer le bébé quand il en a besoin, de le bercer après le repas, de l’accompagner dans son éveil. Après chaque action, l’éducatrice note sur la fiche de suivi de l’enfant, la quantité de lait ingéré, l’heure du début de la sieste et de fin.

Tout ceci dans une ambiance très zen.

Author: Murielle
• Jeudi, mai 26th, 2011

Voici les deux petits lits pour bébé (à partir de 4 mois dans cette crêche), dans l’ambiance nido. Il s’agit de lits aux normes de sécurité actuelles. Vous remarquerez qu’ils sont sur roulettes, ce qui permet de les déplacer sous un mobile, dans un espace ou une orientation de son choix, de les rouler dans le jardin.

Un petit matelas avec un drap et on pose le bébé endormi dessus. Les bébés sont posés endormis dans le lit. Après le repas, on leur murmure qu’on les pose délicatement et qu’on viendra les chercher quand ils auront fini de dormir.

Category: 0-6 mois  | Tags: , ,  | 5 Comments
Author: Murielle
• Jeudi, mai 26th, 2011

Cette petite fille aime aller dans son lit durant la journée. Elle y a accès librement. Elle peut y trouver sa petite couveture. Cela ne veut pas dire qu’elle y passe des heures, comme j’ai pu le constater. Mais cela lui montre qu’elle peut y trouver une place rien qu’à elle dans cette salle, avec des objets personnels aussi comme sa tétine.

Si un autre enfant essaie d’y pénétrer ou de lui prendre ses effets personnels, l’éducatrice expliquera que c’est impossible. Mais c’est l’enfant la première qui exprime son mécontentement ! Croyez-moi.

Category: 12-18 mois  | Tags: , , ,  | 8 Comments
Author: Murielle
• Mercredi, mai 25th, 2011

L’ambiance dans le nido est vraiment sensationnelle.

Tout d’abord, c’est le silence, les éducatrices murmurent. Parfois on met une musique d’ambiance, très soft.

La lumière est tamisée voire même éteinte dès l’instant qu’un seul des enfants dort.

Les zones de l’ambiance sont clairement définies pour optimiser le développement des enfants. Sur la photo, vous pouvez voir 2 des quatre petits lits pour les enfants à partir de 15 mois, je crois (je dois relire mes notes !). Si l’enfant peut ramper, on oriente le lit afin qu’il puisse rentrer et sortir du lit selon sa convenance. J’ai assisté à une “première sortie” de son lit d’un petit garçon, c’était magique ! Sinon le lit est tel que l’enfant ne peut en tomber grâce a la paroi vitrée.
Je ne sais si je suis claire, mais vous voyez sur la photo, que les 2 petits lits ne sont pas orientés de la même façon. Les lits sont donc personnels, il y a une étiquette accrochée au-dessus pour que l’adulte le reconnaisse. Et l’enfant y a ses propres draps.
Parfois un autre enfant essaie d’y entrer. Gentiment, l’éducatrice lui explique que ce n’est pas son lit, et l’oriente vers une autre direction de la pièce.

La superficie de la pièce permet d’accueillir confortablement 6 enfants pour 2 éducatrices. Mais la plupart du temps, tous les enfants ne sont pas là en même tps. Certains sont à mi-tps, d’autres partent très tôt. C’est à la carte. J’ai observé que parfois il peut y avoir 3 adultes même.

To be continued…